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Syrie: un accord avec le régime est "inévitable" selon un commandant kurde

Syrie: un accord avec le régime est
Photo de Redur Khalil, un commandant kurde des Forces démocratiques syriennes (FDS), à Amuda, dans le nord-est de la Syrie, le 4 janvier 2019Delil SOULEIMAN
Syrie

Un accord avec le pouvoir en Syrie sur l'avenir de l'administration autonome kurde de régions du nord est "inévitable", a déclaré samedi à l'AFP un haut responsable militaire kurde, en plaidant pour un maintien de ses combattants sur place.

Après des décennies de marginalisation, la minorité kurde de Syrie a pris le contrôle de 30% du territoire dans le nord et le nord-est du pays, où elle a instauré une autonomie de facto, à la faveur de la guerre déclenchée en 2011 et qui a fait plus de 360.000 morts.

"Il est inévitable que l'administration autonome kurde parvienne à une solution avec le gouvernement car nos régions font partie de la Syrie", a assuré à l'AFP Redur Khalil, un commandant des Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance dominée par les kurdes mais incluant des combattants arabes.

Fer de lance de la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI), les FDS, aidées par une coalition internationale emmenée par les Etats-Unis, ont réussi à chasser les jihadistes de plusieurs régions de Syrie.

Mais l'annonce en décembre par Washington de son intention de retirer ses troupes de Syrie a poussé les Kurdes à une nouvelle alliance avec le régime de Bachar al-Assad pour faire face aux menaces d'une offensive de la Turquie voisine.

A l'appel des Kurdes, l'armée syrienne s'est déployée fin décembre et pour la première fois depuis six ans aux abords de la ville de Minbej (nord).

"Les négociations se poursuivent avec le gouvernement en vue d'une solution définitive concernant la gestion des affaires à Minbej", a affirmé M. Khalil dans un entretien dans la ville d'Amuda (nord-est).

"Si une solution réaliste qui préserverait les droits de ses habitants était trouvée à Minbej, cette expérience serait généralisée au reste des zones à l'est de l'Euphrate", a-t-il dit, en allusion aux secteurs contrôlés par les FDS dans la province orientale de Deir Ezzor.

Les Kurdes ont entamé en juillet des pourparlers inédits avec le régime qui ne cesse d'affirmer sa volonté de reprendre la totalité du territoire syrien.

M. Khalil a fait état de "signes positifs" dans ces négociations. "Le déploiement de l'armée à la frontière nord avec la Turquie n'est pas à exclure".

Il a relevé néanmoins des "divergences avec le gouvernement qui nécessitent des négociations avec un appui international" et a plaidé en faveur d'un rôle de "garant" de la Russie, pays allié de M. Assad.

Le responsable kurde a dans ce contexte exclu un retrait des combattants kurdes de leurs régions.

"Peut-être leur mission peut changer mais nous ne nous retirerons pas de notre terre", a-t-il dit sans écarter leur "intégration dans l'armée nationale syrienne".

M. Khalil a appelé à "une nouvelle constitution qui garantira les droits de tous les citoyens, notamment ceux du peuple kurde".

Grâce à l'aide militaire de Moscou, le régime Assad a réussi à infliger de lourdes pertes aux rebelles et jihadistes et contrôle désormais les deux-tiers du territoire.

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