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Thaïlande: arrestations après une manifestation réclamant des élections

Plusieurs centaines de manifestants ont tenté de marcher mardi à Bangkok vers le siège du gouvernement pour réclamer des élections, sans cesse repoussées par la junte au pouvoir depuis un coup d'Etat réalisé il y a quatre ans jour pour jour, mais leurs meneurs ont été arrêtés.

Quelque 200 opposants avaient passé la nuit sur le campus de l'université Thammasat, haut lieu historique de la protestation étudiante, après avoir fait sauter le cadenas posé aux portes du campus.

Mais mardi, ils ont été empêchés de progresser vers le siège du gouvernement tout proche par un important déploiement policier. Au premier rang du cordon sécuritaire avaient été placées de jeunes policières, un foulard violet noué au cou.

Après plusieurs heures de face-à-face, marqué par plusieurs évanouissements en raison de la chaleur, cinq meneurs de la manifestation se sont rendus à la police, selon des journalistes de l'AFP sur place. Trois autres ont été arrêtés, selon l'organisation Thai Lawyers for Human rights.

"Cela fait quatre ans qu'a eu lieu le coup d'Etat et je pense que le temps du changement est venu", a déclaré avant de se rendre Rangsiman Rome, un des meneurs de la manifestation interdite.

Dans la foule des manifestants tentant de négocier le passage, certains s'éventaient avec des éventails représentant le chef de la junte, le général Prayut Chan-O-Cha, avec un nez de Pinocchio, en allusion aux reports incessants des élections. Les manifestants ont été autorisés à se disperser en fin de journée, après la détention des organisateurs.

"Nous voulons des élections. Rien n'est fait pour garantir qu'elles auront bien lieu en février" 2019, a critiqué un manifestant, Anuthee Dejthevaporn, interrogé par l'AFP.

Parmi les manifestants, se mêlaient étudiants et partisans des Chemises rouges, puissant mouvement populaire soutenant la famille Shinawatra, écartée du pouvoir par les militaires lors de deux coups d'Etat, en 2006 et 2014.

Les deux principales figures du Pheu Thai, les anciens Premiers ministres Yingluck et Thaksin Shinawatra, vivent en exil pour échapper à des poursuites qu'ils dénoncent comme politiques.

Mais le parti des Shinawatra avait systématiquement remporté toutes les élections nationales, sitôt des élections organisées, d'où selon les analystes les reports incessants du scrutin par les militaires, craignant la victoire de l'opposition.

spk-tp-ssm-dth/neo

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