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Tom Ford plutôt classique que clinquant en ouverture de la Fashion Week

Tom Ford plutôt classique que clinquant en ouverture de la Fashion Week
La mannequin vedette Gigi Hadid, lors du défilé du créateur Tom Ford à l'occasion de la Fashion week de New York, le 5 septembre 2018Angela Weiss
Mode

Le créateur américain Tom Ford a présenté mercredi une collection plus sobre que d'ordinaire en ouverture de la Fashion Week de New York, plaçant au second plan le glamour choc qu'il affectionne.

Prenant le contre-pied de sa dernière livraison, toute en affirmation et en pantalons, le Texan qui vient de fêter ses 57 ans a tout misé sur l'élégance et les codes classiques de la féminité.

Jupes crayon, robes fourreau, décolletés, beaucoup de satin et un peu de dentelle, tailleurs, dans des couleurs sages du blanc au noir en passant par le chair, la femme prenait, cette saison, l'ascendant sur le vêtement.

Sous les yeux de la grande prêtresse du magazine Vogue, Anna Wintour, la mannequin vedette Gigi Hadid a notamment clos le défilé dans une robe avec un grand voile ample dans le dos, qui rappelait le Hollywood des années 50.

Quant à Kaia Gerber, qui à 17 ans à peine est déjà l'un des modèles les plus demandés au monde, elle arborait un tailleur et bustier assortis gris style crocodile, sur une jupe à franges.

Car bien que moins ostentatoire qu'à l'habitude, le facétieux créateur avait tout de même glissé ici et là quelques touches flamboyantes, croco, imprimés léopard ou serpent.

Aux côtés d'Anna Wintour, l'acteur Tom Hanks, la rappeuse Cardi B. et le comédien du moment, Henry Golding, héros du film "Crazy Rich Asians", étaient au premier rang.

Après des détours par Londres et Los Angeles, Tom Ford semble aujourd'hui bien ancré dans le calendrier de la Fashion Week new-yorkaise, qu'il a ouvert mercredi pour la troisième fois d'affilée.

Passée par deux saisons difficiles, la saison new-yorkaise, qui se tient jusqu'au 12 septembre, reprend des couleurs cette année avec les retours remarqués de quelques représentants de l'avant-garde, Rodarte et Proenza Schouler, et de la chanteuse Rihanna, qui clôturera la semaine.

Si elle n'a pas récupéré Tommy Hilfiger, passé cette fois par la case Shanghai, ou Thom Browne, la Fashion Week pourra compter sur le navire amiral Ralph Lauren, qui fêtera en grande pompe les 50 ans de sa marque, et le souffle créatif de Raf Simons chez Calvin Klein.

Invités de marque, le Français Longchamp, pour ses 70 ans, et l'Allemand Escada, qui célèbre ses 40 ans avec un nouveau directeur de la création, le britannique Niall Sloan.

Le secteur de la mode bénéficie également de l'excellente santé de l'économie américaine, qui a vu les ventes de détail accélérer sensiblement cette année.

Mais le milieu continue à chercher un nouvel équilibre, bousculé par les réseaux sociaux et la "fast fashion".

Le syndicat américain de la mode (CFDA) a déjà tenté quelques innovations, en groupant notamment Fashion Week homme et femme en février et en s'essayant à une demi-saison décalée en juin, mais les changements restent superficiels.

"La Fashion Week doit revoir la manière de se présenter", a estimé le créateur new-yorkais Zac Posen, qui s'en est affranchi depuis trois saisons, lors d'un entretien à la chaîne américaine CNBC.

"Nous sommes dans un marché en continu", a-t-il expliqué. "Création en continu, ventes en continu, donc il faut continuellement créer de nouvelles manières de faire de la publicité, de la promotion et d'intégrer vos produits dans votre ligne."

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