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Top 14: Jerome Kaino, ce "huit" tant attendu à Toulouse?

Top 14: Jerome Kaino, ce
Le 3e ligne All-Black Jerome Kaino (g) lors du test-match contre les Lions britannique et Irlandais, le 8 juillet 2017 à AucklandMICHAEL BRADLEY

Recrue phare de l'été, l'expérimenté double champion du monde All Black Jerome Kaino (35 ans) s'est installé avec autorité au centre de la troisième ligne toulousaine, un poste en souffrance depuis le départ de Louis Picamoles, il y a deux ans.

Côté pile: un CV long comme le bras (2 Coupes du monde, 6 Rugby Championships) et l'aura d'une légende (meilleur joueur néo-zélandais en 2011, titularisation systématique lors des 14 matches des 2 Coupes du monde). Côté face: un âge qui interpelle et un degré de motivation inconnu.

Premier bilan? Moins de deux mois après son arrivée en provenance des Blues d'Auckland, Kaino, qui a signé pour deux ans, a mis tout le monde d'accord en trois matches seulement.

Titulaire à chaque fois, l'ex-All Black fut notamment décisif à Grenoble (23-20) sur l'essai de son demi de mêlée Sébastien Bézy, et à l'origine de plusieurs décalages de classe face à La Rochelle (33-26), le week-end dernier à domicile. Dont un qui amènera un essai, sur une passe après contact qui fit rugir de plaisir le public toulousain.

Le même genre de réaction qu'à l'époque d'un certain Louis Picamoles, dernier numéro huit incontesté d'une équipe toulousaine qui depuis deux ans lui cherchait sans succès un successeur à un poste hautement stratégique (Galan, Cros, Axtens).

- Déjà pisté en 2012 -

"C'est cette façon de jouer que j'aime", sourit celui qui avait déjà failli rejoindre le Stade Toulousain, "un club historique et très connu en Nouvelle-Zélande", en 2012, avant de finalement opter pour le Japon.

"Je me sens déjà chez moi dans ce club dont j'apprécie la philosophie de jeu et qui m'a parfaitement accueilli", ajoute-t-il avant d'évoquer "l'atmosphère incroyable" d'Ernest-Wallon, dont il profitera pour la deuxième fois consécutive samedi face au Racing 92.

Si à son âge, "l'objectif sera de gérer son temps de jeu pour qu'il soit bon chaque fois qu'il jouera" dixit Servat, un des entraîneurs des avants, c'est aussi pour sa capacité "à sublimer ses coéquipiers" que Kaino était attendu. Là encore, le pari est en passe d'être gagné.

"On l'a pris pour toute son expérience et on ne s'est pas trompé: c'est la définition même du professionalisme. Il a sa classe individuelle mais son apport sur le collectif est aussi très positive. Il donne confiance aux autres", apprécie Régis Sonnes, co-entraîneur principal en charge des avants.

- Du rab de vidéo -

"C'est rare de voir un joueur faire de la vidéo en dehors des heures d'entraînement et je peux vous garantir qu'il n'est pas en pré-retraite", abonde Servat, lui aussi sous le charme: "car c'est un exemple pour tous".

Notamment pour le troisième ligne François Cros (24 ans), qui évoque "une légende" dont "il mesure la chance de partager le quotidien". Ou pour Julien Marchand, son jeune capitaine (21 ans): "il suffit de le regarder à l'entraînement pour voir son degré d’exigence et s'en inspirer".

"C'est un rôle qui me plaît et bien sûr que j'ai envie de leur faire partager mon vécu. Même si moi aussi j'ai à apprendre d'eux", renvoie Kaino. Pour "partager davantage encore" même si "ici, on boit trop de café", s'amuse-t-il.

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