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Top 14: Pienaar-Cruden, entre haut et bas à Montpellier

Top 14: Pienaar-Cruden, entre haut et bas à Montpellier
Le demi de mêlée sud-africain Ruan Pienaar botte une pénalité pour Montpellier, lors d'un match de Top 14 à Oyonnax, le 17 février 2018ROMAIN LAFABREGUE

Le premier tourne à plein régime, quand le second peine à trouver ses marques, mais le demi de mêlée sud-africain Ruan Pienaar et l'ouvreur néo-zélandais Aaron Cruden seront essentiels pour permettre à Montpellier d'atteindre une seconde finale de Top 14, et conquérir un premier bouclier de Brennus.

"Ils sont la clé de voûte de notre système", résume le troisième ligne Kélian Galletier. "Ces deux champions du monde ont la faculté d'être calmes et sereins dans des moments importants d'un match. Et ils sont capables de le faire basculer", apprécie l'un des cadres du vestiaire montpelliérain à l'orée de la demi-finale du championnat, vendredi à Lyon.

"Ce sont des joueurs de classe internationale et d'expérience. Ils nous apportent énormément dans la vision du jeu et la communication au sein de l'équipe", abonde l'ancien capitaine Fulgence Ouedraogo, un historique garant de l'identité du MHR.

Si l'ancien Springbok Pienaar, âgé de 34 ans, tourne à plein régime, notamment depuis son retour de blessure en janvier, l'ex-All Black Cruden, 29 ans, tarde à trouver la bonne carburation pour sa première expérience à l'autre bout du monde.

Arrivé cet été dans l'ombre des autres renforts, Louis Picamoles, Yacouba Camara et Cruden, Pienaar (88 sélections) s'est vite mis en lumière grâce à sa science du jeu et son efficacité au pied (173 points en 18 matches). Recruté dès septembre 2016 par l'ex-entraîneur sud-africain Jake White, il bénéficie de la confiance de Vern Cotter et connaît les rouages du rugby européen après sept saisons avec la province de l'Ulster, quittée à grands regrets, la Fédération irlandaise souhaitant installer de jeunes joueurs locaux à son poste.

Entouré de la légion sud-africaine, notamment de François Steyn et des frères Du Plessis avec lesquels il fut sacré champion du monde en 2007 en France, Pienaar, sous contrat jusqu'en 2020, a très vite montré son savoir-faire à ses nouveaux partenaires.

- Cruden a besoin de "temps" -

"Ruan doit être notre meilleure recrue de la saison au regard de ses prestations régulières et de son implication dans l'équipe. On sait pourquoi il est à ce niveau-là, on sait pourquoi il a fait une telle carrière. Il tire véritablement l'équipe vers le haut", loue encore Ouedraogo.

Tête haute, le solide demi de mêlée au profil atypique (1,87 m, 90 kg) dirige le jeu avec beaucoup de flegme et d'assurance. Absent durant trois mois, à la suite d'une blessure au plexus contractée en octobre, Pienaar est revenu en janvier pour porter Montpellier vers la première place du Top 14 dans une seconde moitié de saison plus accomplie.

Si Pienaar rayonne, Cruden, "qui se met beaucoup de pression" selon Cotter, vit une saison plus contrastée et saccadée. Celui qui devait succéder à Dan Carter chez les All Blacks (50 sélections), mais qui s'est résigné avec l'émergence de Beauden Barrett, vit sa première expérience dans l'hémisphère Nord, où il était très attendu pour faire oublier l'enfant du pays François Trinh-Duc, parti à Toulon en 2016 et jamais vraiment remplacé.

"C'est un poste où il est un peu plus exposé. Il y a beaucoup d'attente autour de lui, d'autant qu'il arrive avec le statut All Black. Il a besoin de prendre ses marques. Ce n'est jamais facile de changer de pays, de culture, et de s'adapter à notre environnement", relativise Ouedraogo: "Il lui faut un peu de temps, mais on voit qu'il a des qualités énormes".

Cruden, ancien de la franchise des Chiefs, a enchaîné sans temps mort une saison dans le Sud avec un Top 14 très exigeant. Conséquence: les blessures et les absences répétées ont freiné son adaptation. Il a attendu les derniers matchs de championnat pour briller, comme lors de la défaite à Toulon. C'est l'heure de passer à la vitesse supérieure.

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