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Tournée: le XV de France repart bredouille et avec une nouvelle déroute de Nouvelle-Zélande

Tournée: le XV de France repart bredouille et avec une nouvelle déroute de Nouvelle-Zélande
Le Français Wesley Fofana (g) est taclé par le Néo-Zélandais Jack Goodhue lors du 3e test-match, le 23 juin 2018 à DunedinMarty MELVILLE

Un zéro pointé et deux lourdes défaites: comme en ouverture à Auckland (52-11), le XV de France a sombré en deuxième période face à la Nouvelle-Zélande, samedi à Dunedin (49-14), pour repartir bredouille de sa tournée de juin.

127 points et 19 essais encaissés: le bilan comptable de ce voyage chez les All Blacks est lourd pour les Bleus et souligne l'écart de niveau réel avec les doubles champions du monde en titre à quinze mois de la Coupe du monde 2019 au Japon.

Ils sont ainsi renvoyés à leur chères études, après un Tournoi des six nations porteur de promesses, par le maître néo-zélandais, contre qui ils n'auront finalement rivalisé que lors du deuxième test, samedi dernier à Wellington (13-26).

Où ils ont été réduits à quatorze dès la 12e minute, ce qui a attisé leurs regrets et nourri leurs espoirs pour ce dernier rendez-vous, bien que traditionnellement le plus compliqué à appréhender en raison de l'usure de la saison.

A quinze contre quinze, allaient-ils pouvoir au moins rivaliser pendant 80 minutes? Voire, dans les rêves les plus fous, glaner leur premier succès contre les Néo-Zélandais depuis 2009 (14 défaites de rang)?

- Carences récurrentes -

Ils en ont été loin, tenant au final la distance pendant quarante-sept minutes. Soit cinq bonnes de moins qu'en ouverture à l'Eden Park. Mais cette fois, ils n'ont récolté aucun carton jaune pour faciliter la tâche des All Blacks, simplement pris de vitesse.

"On a été un moment donné en surrégime, les All Blacks ont accéléré, nous on a voulu les suivre alors que peut-être il aurait fallu garder notre tempo" a analysé le sélectionneur du XV de France Jacques Brunel.

Avant la 47e minutes, ses joueurs étaient menés seulement 21 à 14, avant d'encaisser 28 points et quatre essais, dont un triplé de Rieko Ioane, coupables de grosses erreurs défensives, individuelles et collectives.

"Il faudra retrouver la cohérence qu'on a eue pendant le Tournoi" des six nations, a observé Brunel.

Les Bleus ont cependant bien plus montré de choses offensivement qu'à Auckland, où ils n'avaient marqué qu'un essai, qui plus est opportuniste (Rémy Grosso).

Ils en ont cette fois inscrit deux, à l'issue de mouvements léchés à plusieurs temps de jeu avec des passes dans le bon tempo.

- Mouvements séduisants -

Sur le premier essai, marqué au ras d'un regroupement par Baptiste Serin (12e, 7-0), Rémi Lamerat est par exemple à créditer d'une belle passe après-contact. En conclusion d'une longue séquence où les Bleus ont tenu le ballon.

Et sur le deuxième, ils ont continué à jouer malgré une pénalité en cours, avant qu'Anthony Belleau ne serve parfaitement à plat Wesley Fofana (28e, 14-14), lancé et qui s'est affalé dans l'en-but malgré la défense de deux All Blacks. Pour sa première sélection depuis novembre 2016.

"On a montré des choses sur le plan offensif, ce qui est toujours le plus difficile à mettre en oeuvre. On a eu plusieurs situations intéressantes, certaines conclues et d'autres non (...) Ce sont de belles choses qu'on va garder" a estimé Brunel.

Mais ces séduisants mouvements des Bleus ont été gâchés par de nombreuses erreurs récurrentes. Défensives, mais aussi sur les coups d'envois: deux des trois premiers essais néo-zélandais ont ainsi eu pour point de départ un ballon non maîtrisé juste après avoir marqué (Ben Smith, 16e, 7-7 et McKenzie, 32e, 14-21).

Ils ont aussi encore égaré deux ballons en touche et de nouveau manqué de réalisme, comme juste avant la mi-temps (pénalité concédée, 40e) ou juste après (ballon enterré après un groupé-pénétrant, 43e).

Des carences récurrentes qu'il leur faudra gommer dans les quinze mois qui les séparent de la Coupe du monde 2019 au Japon (20 septembre-2 novembre).

"On a un an avant la Coupe du monde, une tournée de novembre et un Tournoi des six nations, pour franchir le cap, a estimé le talonneur Camille Chat. Il ne faut pas se mettre la tête dans les baskets: on a posé des problèmes en première mi-temps aux meilleurs du monde chez eux." Mais un match en compte deux.

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