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Tous les regards tournés vers Trump pour éviter un nouveau "shutdown"

Tous les regards tournés vers Trump pour éviter un nouveau
Le président américain Donald Trump lors d'un meeting à El Paso (Texas), près de la frontière avec le Mexique, le 11 février 2019Nicholas Kamm

Une issue était en vue jeudi aux Etats-Unis pour éviter une nouvelle paralysie budgétaire autour de l'épineuse question du mur que veut construire Donald Trump à la frontière avec le Mexique, même si le dernier mot devait revenir au bouillonnant président républicain.

"Prions tous pour que le président ait la sagesse de signer la loi pour que le gouvernement n'entre pas dans un +shutdown+", a lancé, sans plaisanter apparemment, un sénateur républicain au Congrès, à Washington.

Signe que tout dépend encore de la décision de M. Trump, qui s'est dit mécontent d'un accord trouvé par des négociateurs parlementaires, mais disposé à éviter une nouvelle paralysie budgétaire, ou "shutdown".

Le Congrès américain et la Maison Blanche ont jusqu'à vendredi, minuit, pour approuver ce compromis, qui doit financer un quart des administrations fédérales.

"J'examine la loi de financement avec mon équipe", a tweeté le président à la mi-journée.

Réaffirmant que Donald Trump avait été "déçu" par le montant alloué à son mur dans cet accord, son vice-président, Mike Pence, a expliqué à des journalistes que le milliardaire contemplait, en parallèle, les "autres autorités" présidentielles qui pourraient lui permettre de finir de financer l'ouvrage.

"Je sais qu'il rendra sa décision avant la date butoir", a affirmé M. Pence.

Les parlementaires doivent voter dès jeudi sur cet accord au Sénat, contrôlé par les républicains, et à la Chambre des représentants, à majorité démocrate, en fin de journée. Donald Trump doit ensuite signer cette loi budgétaire pour qu'elle soit promulguée.

- 1,4 milliard pour le mur -

Tout le suspense tourne autour de la lutte contre l'immigration clandestine.

Le président réclame 5,7 milliards de dollars pour ériger un mur à la frontière avec le Mexique. Les démocrates ne veulent pas entendre parler de ce montant, ni de mur en béton.

Après le plus long "shutdown" de l'histoire des Etats-Unis, qui avait précipité quelque 800.000 fonctionnaires dans la tourmente pendant 35 jours jusqu'à fin janvier, des parlementaires démocrates et républicains sont parvenus à un accord lundi soir.

Ce compromis consacre "1,375 milliard de dollars pour quelque 88 kilomètres de nouvelle barrière physique", souligne le comité chargé des négociations du côté du Sénat, dominé par les républicains.

Après avoir cédé le premier face aux démocrates en renonçant, temporairement, à son mur pour mettre fin au long "shutdown", Donald Trump cherche désormais à sortir la tête haute de cette profonde crise.

Insatisfait du compromis, qui n'accorde qu'un quart du budget réclamé pour son mur, il martèle toutefois depuis mardi qu'il n'aimerait pas que le pays plonge dans un nouveau "shutdown".

Comme pour le convaincre de signer, les républicains insistent sur les victoires obtenues dans cet accord, qui comprend quelque "23 milliards pour financer la sécurité à la frontière", en prenant en compte tous les budgets liés, de près ou de loin, avec le contrôle de l'immigration.

En face, les démocrates soulignent eux que ce n'est pas un mur mais des "barrières" qui vont être construites. Le mot "mur" n'apparaît d'ailleurs pas une fois dans les plus de 1.100 pages du projet de loi.

- Autres voies de financement -

Grande promesse de campagne, le slogan "Construisez le mur" avait porté le républicain jusqu'à sa victoire surprise à la présidentielle de 2016.

Il a pivoté cette semaine vers celle de 2020, qu'il compte bien remporter avec un nouveau mot d'ordre laissant entendre qu'il a bien respecté sa promesse de campagne: "Finissez le mur".

Outre le débat sémantique entre "mur" et "barrière", Donald Trump se ménage une porte de sortie en assurant, sans spécifier comment, qu'il trouvera des fonds ailleurs pour compléter le budget.

Les deux voies esquissées ne manqueraient cependant pas de provoquer un tollé chez les démocrates, mais aussi parmi les parlementaires républicains, qui défendent farouchement les prérogatives du Congrès face à la Maison Blanche.

Le milliardaire a ainsi laissé entendre qu'il pourrait piocher dans les budgets d'autres ministères, mais les démocrates affirment que le Congrès devrait approuver cette redistribution.

Option plus explosive encore, le président américain pourrait avoir recours à une procédure d'urgence exceptionnelle, pour débloquer les fonds nécessaires sans passer par le Congrès.

Une solution qui ne manquerait pas de déclencher une féroce bataille politico-judiciaire.

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