Troisième nuit de violences à Nantes: des bâtiments dégradés, la voiture de la maire incendiée, quatre interpellations

Troisième nuit de violences à Nantes: des bâtiments dégradés, la voiture de la maire incendiée, quatre interpellations
Des policiers près d'une voiture brûlée dans le quartier du Breil à Nantes le 4 juillet 2018 au petit matinSEBASTIEN SALOM GOMIS

Quatre personnes ont été interpellées à Nantes, où huit bâtiments ont été dégradés et 52 véhicules incendiés, dont celui de la maire, lors d'une troisième nuit de violences après la mort mardi d'un homme tué par un policier, a-t-on appris de sources policières.

Un PMU-brasserie a été détruit par le feu dans un centre commercial du quartier Doulon, a indiqué une source. Plusieurs débuts d'incendie ont touché des bâtiments publics, dont le lycée professionnel Léonard de Vinci et une école dans le quartier de la Bottière, au nord-est de Nantes, une maison de l'emploi à Malakoff et une maison des habitants à Bellevue, a-t-on ajouté de même source.

Lors de cette troisième nuit consécutive de violences, 52 véhicules ont été brûlés, principalement à la Bottière, à Bellevue et dans les quartiers nord de Nantes. Parmi elles, la voiture personnelle de la maire PS de Nantes, Johanna Rolland, a-t-on appris auprès de la municipalité. La maire n'a pas souhaité faire de commentaire.

Quatre personnes ont été interpellées et placées en garde à vue, dont un mineur de 14 ans qui était en possession d'un bidon d'essence et de mèches, selon la police. Aucun blessé n'était à déplorer en fin de nuit.

Le calme est revenu vers 06H00, selon des sources policières.

Aucun incident n'a été signalé dans le quartier du Breil, où un jeune homme a été mortellement touché mardi soir par le tir d'un policier, déclenchant des émeutes dans plusieurs quartiers de Nantes.

Partie des lieux du drame, une marche blanche a rassemblé jeudi en fin de journée un millier de personnes. Les participants ont réclamé "vérité" et "justice pour Abou", la victime âgée de 22 ans, et réitéré des appels au calme.

Le policier à l'origine du tir mortel a été placé en garde à vue jeudi midi par l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) du chef de "violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique ayant entraîné la mort sans intention de la donner".

"Ce n’est qu’à l'issue de cette mesure de garde à vue que le procureur de la République de Nantes sera en mesure de faire connaître sa décision sur les suites à réserver à cette affaire", avait précisé dans un communiqué le procureur de la République de Nantes, Pierre Sennès.

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