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Trump nomme William Barr, ancien de l'équipe Bush, ministre de la Justice

Trump nomme William Barr, ancien de l'équipe Bush, ministre de la Justice
Le présisdent américain Donald Trump, le 7 décembre 2018 à WashingtonSAUL LOEB

Le président américain Donald Trump a nommé vendredi ministre de la Justice William Barr, un juriste républicain ayant déjà occupé cette fonction au début des années 1990 sous la présidence de George H.W. Bush.

Il remplacera Jeff Sessions, que le président a limogé brutalement en novembre faisant craindre une reprise en main de la très sensible enquête russe.

"Il est respecté par les républicains et par les démocrates", a justifié M. Trump. "C'est l'un des juristes les plus respectés du pays et un des meilleurs esprits juridiques", a-t-il ensuite tweeté.

La nomination de William Barr, 68 ans, doit encore être confirmée par un vote du Sénat, conformément à la Constitution. Compte-tenu des vacances parlementaires, il est peu probable qu'il entre en fonction avant l'année prochaine.

Dans les rangs républicains, l'enthousiasme était de mise. Qualifiant ce choix d'"exceptionnel", le sénateur Lindsey Graham a loué un homme "de la plus haute intégrité". Son collègue Orrin Hatch a souligné "sa vaste expérience et sa finesse de jugement".

Les démocrates étaient plus circonspects. Le sénateur Richard Blumenthal a évoqué ses "commentaires suggérant qu'il est plus intéressé à courtiser Trump qu'à analyser objectivement les lois et les faits". Son confrère Patrick Leahy a lui aussi parlé de "commentaires récents troublants".

Le Sénat, en partie renouvelé lors des élections du 6 novembre, comptera 53 républicains sur 100 à la rentrée, ce qui devrait assurer la confirmation de William Barr.

- "Confiant" -

En attendant, l'intérim au ministère de la Justice est assuré par Matthew Whitaker, soupçonné en raison de propos passés d'être en mission commandée pour rogner les ailes du procureur spécial Robert Mueller.

M. Mueller, un ancien chef de la police fédérale (FBI) devenu bête noire du président, est chargé notamment d'établir s'il y a eu ou non collusion entre Moscou et l'équipe de campagne de Donald Trump lors de la présidentielle de 2016. Il semble en voie de boucler son enquête.

William Barr connaît bien Robert Mueller, dont il a été le chef quand il était ministre de la Justice de George H.W. Bush de 1991 à 1993. M. Mueller dirigeait alors la direction des affaires pénales du ministère.

M. Barr avait loué le choix de le nommer procureur spécial de l'enquête russe en mai 2017, se disant "confiant" sur le fait que M. Mueller "ne laisserait pas l'enquête dégénérer en chasse aux sorcières sans fin".

Quelques mois plus tard, il regrettait toutefois que des membres de l'équipe Mueller aient fait des dons à des candidats démocrates.

- "Rien de mal" -

Diplômé de l'université de Columbia, William Barr a notamment travaillé pour l'agence de renseignements CIA et des tribunaux de la capitale fédérale avant de se mettre au service du président H.W. Bush.

Après l'élection du démocrate Bill Clinton, il était parti dans le secteur privé, notamment au service de l'opérateur américain de télécoms Verizon. Il travaillait dernièrement pour un grand cabinet d'avocats new-yorkais.

Il commentait régulièrement l'actualité et certains de ses propos ont suscité des interrogations dans les rangs démocrates.

Il a notamment soutenu le limogeage du chef du FBI James Comey par Donald Trump: "Je trouve assez compréhensible que l'administration ne souhaite pas un directeur du FBI qui ne respecte pas les limites établies de son pouvoir."

Il avait également défendu l'appel du milliardaire à l'ouverture d'une enquête sur sa rivale démocrate à la présidentielle Hillary Clinton. "Il n'y a rien d'intrinsèquement mal à ce qu'un président demande une enquête", avait-il déclaré, alors que la Constitution prévoit une stricte séparation des pouvoirs exécutif et judiciaire.

Conformément à une opinion en vogue dans certains milieux conservateurs, il estime qu'il y a davantage de raisons d'enquêter sur les liens présumés entre Mme Clinton et la vente d'une mine d'uranium, que sur une éventuelle collusion entre le Kremlin et le candidat Trump.

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