En Californie, terre de "résistance", Trump défend son mur

En Californie, terre de
Donald Trump s'apprête à s'envoler pour San Diego, le 13 mars 2018 dans le Maryland MANDEL NGAN

Le président américain Donald Trump est arrivé mardi à San Diego, en Californie, Etat farouchement opposé à sa politique sur l'immigration, pour vanter son projet controversé de mur à la frontière mexicaine.

L'avion présidentiel Air Force One s'est posé en milieu de journée sur la base militaire de Miramar.

Ce premier déplacement en tant que président dans ce bastion démocrate de la côte ouest s'annonce délicat pour le magnat de l'immobilier tant le "Golden State" s'oppose frontalement à lui, de l'immigration à l'environnement en passant par les armes.

M. Trump devait se rendre à la frontière avec le Mexique à Otay Mesa, sur le site où se dressent huit prototypes - de béton ou d'acier - de l'immense barrière physique qu'il entend dresser entre les deux pays.

Les images du locataire de la Maison Blanche devant les huit grands blocs qui se dressent vers le ciel devraient être chargées en symboles. Mais rien n'indique que le "magnifique" mur promis sur les estrades de campagne soit sur le point de sortir de terre.

Plus d'un an après son arrivée au pouvoir, le Congrès n'a pas débloqué le moindre dollar pour une construction contre laquelle nombre d'élus démocrates sont vent debout, y voyant le triste symbole d'une Amérique tournant le dos à son histoire. Et sur Capitol Hill, les discussions entre républicains et démocrates sur l'immigration sont dans l'impasse.

Au fil des meetings, M. Trump a beaucoup varié sur la taille et la longueur de ce mur érigé en symbole de fermeté sur l'immigration, mais aussi sur l'estimation du coût de sa construction - avançant des chiffres allant de 4 à 20 milliards de dollars.

A l'issue de la visite des prototypes, il devait s'exprimer depuis la base de Miramar, avant de participer, dans la soirée, à une soirée de levée de fonds à Beverly Hills, municipalité cossue qui jouxte Los Angeles.

Il peut s'attendre à de multiples manifestations dans cet Etat où il a obtenu à peine plus de 30% des voix lors de l'élection présidentielle.

- Bras de fer -

Peu avant son arrivée, quelques dizaines de personnes s'étaient rassemblées à côté du poste frontière de San Ysidro. "Je suis ici par solidarité avec mes amis et ma famille", soulignait Rebecca Montes, étudiante de 22 ans, évoquant ses proches ne disposant pas de papiers.

Une jeune femme hispanique, lunettes et chignon tiré, racontait de son côté comment ses parents ont été expulsés alors qu'elle avait 15 ans. "Ai-je pleuré ? Oui. Combien de larmes devrons-nous encore verser?", lançait-elle.

A la veille de la visite de Donald Trump, le gouverneur démocrate de l'Etat, Jerry Brown, lui a adressé une lettre ouverte sans ambiguïté.

Rappelant que le "Golden State" est, à lui seul, la sixième économie du monde, il souligne que la prospérité de son Etat n'a pas été bâtie sur le "repli, bien au contraire", mais grâce à l'accueil "d'immigrants et d'innovateurs venus des quatre coins du monde".

"En Californie, nous sommes plus attachés aux ponts qu'aux murs", a-t-il lancé, soulignant qu'il ne s'agit pas seulement d'une image et invitant M. Trump à visiter les dizaines de ponts et viaducs en cours de construction en vue de créer la première ligne ferroviaire à grande vitesse du pays.

Le bras de fer entre la Californie et l'administration Trump est encore monté d'un cran la semaine dernière quand le ministère américain de la Justice a porté plainte contre la capitale californienne Sacramento pour forcer cet Etat qui s'est proclamé "sanctuaire" pour les sans-papiers, à coopérer avec la police fédérale de l'immigration.

"La politique de la Californie sur les sanctuaires est illégale, anticonstitutionnelle et met en danger le pays tout entier", a tweeté le président américain depuis Air Force One.

"CELA DOIT CESSER!", a-t-il ajouté.

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