En ce moment
 

Turquie: le parti prokurde demande à la cour constitutionnelle de libérer Demirtas

Turquie: le parti prokurde demande à la cour constitutionnelle de libérer Demirtas
Manifestation de militants prokurdes à Eridne, en Turquie, où est emprisonné le leader du parti Selahattin Demirtas, le 25 mai 2018OZAN KOSE

Les dirigeants du principal parti prokurde de Turquie ont appelé vendredi la cour constitutionnelle à ordonner au plus vite la libération de son candidat à la présidentielle de juin, Selahattin Demirtas, lors d'un rassemblement de campagne près de sa prison.

"La cour constitutionnelle doit au plus vite s'emparer de ce dossier, et en tenant compte des droits électoraux et d'éligibilité, ordonner la libération" de M. Demirtas, a déclaré à la presse le co-président du Parti démocratique des peuples (HDP) Sezai Temelli.

"Sinon, ce système, qui vit déjà une crise de légitimité, va s'enfoncer dans une crise bien plus profonde", a-t-il mis en garde, parlant à la presse à 3 kilomètres de la prison d'Edirne où est détenu M. Demirtas, lors d'un rassemblement qui a réuni une cinquantaine de personnes.

Le HDP a désigné M. Demirtas comme candidat à la présidence face au président sortant Recep Tayyip Erdogan lors du scrutin anticipé du 24 juin, bien qu'il soit détenu depuis novembre 2016, notamment sous l'accusation de "diriger une organisation terroriste" et de "propagande terroriste".

Après le rejet par plusieurs tribunaux des demandes de libération de son candidat, le HDP a déposé un recours vendredi auprès de la cour constitutionnelle.

"La cour constitutionnelle a la capacité de prendre une décision au sujet de cette requête en quelques jours", a tweeté l'un des avocats de M. Demirtas, Mahsuni Karaman, jeudi.

"Nous espérons qu'elle le fera, et apposera sa signature sur une décision qui éclairera cet obscur environnement politique", a-t-il ajouté.

Les autorités turques accusent le HDP d'être la vitrine politique du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), une organisation classée "terroriste" par la Turquie, l'Union européenne et les Etats-Unis.

Mais le parti, troisième formation au Parlement, rejette ces allégations, affirmant être visé en raison de sa ferme opposition au président Erdogan.

Vos commentaires