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Un haut dignitaire musulman de Jérusalem libéré de prison (police)

Un haut dignitaire  musulman de Jérusalem libéré de prison (police)
Le chef du conseil du Waqf à Jérusalem, cheikh Abdel Azim Salhab, salue des proches après sa libération, à Jérusalem, le 24 février 2019Ahmad GHARABLI
ISRAEL

Le chef du conseil du Waqf à Jérusalem, l'organisme chargé de la gestion des biens musulmans, a été arrêté puis relâché à la suite de tensions autour de l'esplanade des Mosquées, a constaté dimanche un photographe de l'AFP.

Le conseil du Waqf a dénoncé dans un communiqué "les attaques des forces d'occupation envers les institutions religieuses et nationales dans la ville sainte de Jérusalem".

Elle a déploré l'arrestation du "cheikh Abdel Azim Salhab, directeur du conseil du Waqf à Jérusalem et de plusieurs responsables et employés du Waqf ou rattachés à celui-ci."

L'avocat de M. Salhab a déclaré à l'AFP que son client avait été interdit de se rendre à l'esplanade des Mosquées pendant sept jours.

Son arrestation avait entraîné une condamnation du ministère jordanien des Affaires religieuses --dont dépend le Waqf de Jérusalem-- qui a "fermement" condamné ces arrestations dans un communiqué à Amman.

Israël "jouait avec le feu" avec ces arrestations, a ainsi affirmé le ministre des Affaires religieuses jordanien Abdul Nasser Abu al-Basal, tandis que le ministère jordanien des Affaires étrangères a annoncé vouloir déposer une protestation officielle.

Les forces de l'ordre israéliennes ont arrêté vendredi 60 personnes pour éviter des troubles autour de la très sensible esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est, théâtre d'incidents entre fidèles musulmans et policiers israéliens ces derniers jours.

Ces personnes sont soupçonnées par la police d'avoir cherché à inciter à la violence les fidèles après la grande prière musulmane du vendredi. Une partie d'entre elles ont été libérées, "mais se sont vu interdire de s'approcher du site", a précisé à l'AFP le porte-parole de la police Miky Rosenfeld.

- lieu sous tension -

L'esplanade des Mosquées a été construite après la conquête de Jérusalem par les Arabes en 637, sur les ruines du second Temple détruit par les Romains en 70 après JC et dont le Mur des Lamentations est un vestige.

Révérée par les juifs comme le mont du Temple, l'esplanade des Mosquées abrite le troisième lieu saint de l'islam. Les juifs sont autorisés à visiter ce lieu, parfois sous haute tension, mais pas à y prier.

L'esplanade se trouve dans la Vieille Ville à Jérusalem-Est, partie palestinienne de la ville conquise par Israël en 1967 et depuis annexée.

Les incidents de ces derniers jours semblent avoir été provoqués après la pose, par les autorités israéliennes et dans l'enceinte de l'esplanade, d'un cadenas sur une porte donnant accès à des bureaux.

Ces bureaux sont fermés sur ordre de la justice israélienne depuis 2003, affirme la police. Des dignitaires musulmans sont entrés dans les lieux pour prier vendredi, a constaté l'AFP.

Des heurts ont opposé les forces israéliennes aux Palestiniens qui cherchaient à arracher le cadenas.

Le Conseil du Waqf a affirmé qu'il continuera à ouvrir ces locaux pour la prière.

Selon Ofer Zalzberg, analyste pour International Crisis Group, des contacts de haut niveau entre la Jordanie et Israël auraient lieu pour résoudre le différend, mais des enjeux électoraux israéliens risquent d'interférer, un scrutin se tenant le 9 avril.

"D'un côté, le fait que les deux gouvernements prennent la question au sérieux est positive, mais on peut craindre que ça devienne un enjeu électoral israélien et rende plus difficile la situation", a-t-il déclaré à l'AFP.

Israël considère tout Jérusalem, y compris sa partie orientale, comme sa capitale indivisible. Les Palestiniens veulent faire de Jérusalem-Est la capitale de l'Etat auquel ils aspirent.

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