Une future mariée, une chanteuse, un père et son fils: ce que l'on sait sur les victimes du crash d'un avion de ligne en Russie

Une future mariée, une chanteuse, un père et son fils: ce que l'on sait sur les victimes du crash d'un avion de ligne en Russie

Le crash d'un avion de ligne dimanche près de Moscou a causé la mort des 71 personnes à bord. Parmi eux se trouvaient une chanteuse, trois étrangers, des enfants, et un ancien pilote, d'après la liste des passagers publiée lundi par les autorités russes.


Une future mariée 

Née à Novossibirsk, en Sibérie, Daria Tolmassova, 22 ans, était de retour de Thaïlande. Elle venait d'y passer des vacances avec les parents de son fiancé, Sergueï Iliine, joueur de hockey du club Admiral Vladivostok, d'après le site d'information local oural56.ru.

Après avoir fait escale à Moscou, elle avait embarqué sur le biréacteur Antonov An-148 de la compagnie Saratov Airlines, à destination d'Orsk, une ville de l'Oural à la frontière du Kazakhstan, où l'attendait son fiancé avec qui elle s'apprêtait à se marier.


Une chanteuse 

Chanteuse de musique électronique, Ouliana Son venait de faire ses débuts sur la scène musicale, en sortant son premier album "Drogue". Âgée de 27 ans, elle faisait ses études à l'université du Gaz et du Pétrole à Moscou. "Apprenez à apprécier ce que vous possédez", avait-elle écrit vendredi sur le réseau social Vkontakte.

"Elle était bonne et radieuse, c'est une grande tragédie", a écrit à l'AFP l'un de ses amis, Denis Abdrakhimov.


Une mère de famille 

Natalia Mechtcheriakova, qui rentrait également à Orsk après un séjour à Moscou, était la mère de trois filles âgées de 20, 19 et 5 ans. Dans une vidéo poignante relayées par les médias locaux, l'aînée a dit craindre que les autorités ne leur prennent la garde de la cadette.>- Fils unique -

Fils unique, Ilia Poletaïev avait participé à un concours d'étudiants à Moscou. Peu avant de quitter la capitale, l'adolescent de 17 ans a envoyé à ses camarades de classe une photo de lui tout sourire. Elle était exposée lundi à l'entrée de son école à Orsk, avec un bouquet d'oeillets rouges et une bougie, selon des images publiées par le site d'informations orsk.ru.


Un père et son fils 

Un ingénieur de la raffinerie d'Orsk Vladimir Normantovitch ainsi que son fils Alexandre, à la tête d'un département de l'entreprise, ont été tués dans le crash, a annoncé sur son site la raffinerie.


Trois étrangers

Un citoyen suisse, ingénieur pour la compagnie Burckhardt Compression, fait également partie des victimes. Il se rendait à Orsk pour le lancement d'une nouvelle unité de la raffinerie de la ville.

Deux autres étrangers, un Kazakh et un Azerbaïdjanais, étaient à bord de l'avion.


Un ancien pilote 

Âgé de 79 ans, Boris Karmaleïev était un ancien pilote. Il était aussi professeur à l'Université d'aviation civile de Saint-Pétersbourg, dans le nord-ouest de la Russie.


Deux anniversaires 

Maksim Kolomeïtsev devait être dans l'avion, mais il a annulé son billet quelques jours avant le départ: cet habitant de Sotchi, station balnéaire au bord de la mer Noire, était lui aussi sur la liste du vol pour Orsk.

"Je voulais rejoindre ma famille pour fêter mon 37e anniversaire", raconte-t-il à l'agence Tass. Mais le retard de livraison d'une voiture qu'il espérait récupérer à Orsk par la même occasion l'aura fait changer d'avis.

Fils du directeur d'une entreprise minière à Gaï, à 30 km d'Orsk, Ilia Stavskii n'aura pas eu cette chance: il fêtait ses 33 ans dimanche, jour de la catastrophe aérienne.


La boîte noire retrouvée

Les enquêteurs russes ont retrouvé lundi la boîte noire, après des recherches rendues difficiles par une épaisse couche de neige, espérant éclaircir les causes du crash d'un avion de ligne la veille près de Moscou qui a causé la mort des 71 personnes à bord.

Des centaines d'hommes en uniforme continuaient de passer au peigne fin plusieurs hectares enneigés à la recherche de restes de corps et de débris dans la zone du crash, où circulaient également camions, motoneiges, déneigeuses et hélicoptère, selon un journaliste de l'AFP.

La boîte noire contenant les données du vol a été retrouvée lundi, a indiqué le Comité intergouvernemental de l'aviation (MAK), ajoutant que "des spécialistes ont commencé à l'ouvrir et à analyser les informations".

"Plus de 400 débris de l'avion ont été retrouvés" sur 27 hectares, a précisé le MAK.

L'avion, un biréacteur Antonov An-148 de la compagnie Saratov Airlines mis en service en 2010, s'est écrasé près de Moscou dimanche peu après avoir décollé de l'aéroport de Domodedovo.

L'appareil a disparu des écrans radar à 14H28 locales (11H28 GMT), quatre minutes après son décollage en direction d'Orsk, une ville de l'Oural à la frontière du Kazakhstan. Il s'est écrasé dans le district de Ramenski, à quelque 70 km au sud-est de Moscou, près du village de Stepanovskoïé.

"Le temps était très nuageux et la neige tombait en flocons. Lorsqu'il a touché le sol, nous avons entendu un gros +bang+. Nous avons vu une grosse boule de feu s'élever de l'endroit, on pensait qu'il s'agissait d'une météorite", a raconté à l'AFP Tatiana Joukova, qui a vu le crash de sa fenêtre.


L'appareil était entier au moment de sa chute, sans incendie

Les autorités étudiaient toutes les hypothèses, évoquant les conditions climatiques, le facteur humain ou un problème technique, sans mentionner la piste terroriste.

"Il a été démontré que l'appareil était entier au moment de sa chute, sans incendie, et l'explosion n'a eu lieu qu'après la chute de l'avion", a indiqué le Comité d'enquête.

Les recherches, qui mobilisent plus de 1.000 personnes et 200 véhicules, vont se prolonger "environ une semaine", a indiqué le ministre des Transports Maxime Sokolov, selon des propos retransmis par la télévision.

Les recherches sont rendues difficiles par "la surface très vaste sur laquelle les débris sont éparpillés, de la neige et du relief des lieux", a souligné le ministre des Situations d'urgences Vladimir Poutchkov, qui s'est rendu sur place.


Contrôlé en janvier 

La majorité des passagers étaient originaires de la région d'Orenbourg, où se situe Orsk.

Une enquête a été ouverte pour identifier d'éventuelles violations des règles de sécurité, a annoncé le Comité d'enquête russe.

Ses agents ont interrogé des employés de la Saratov Airlines, les employés de l'aéroport ayant préparé l'appareil au décollage et des contrôleurs aériens. Aucun problème technique n'avait été identifié avant le départ, selon le Comité d'enquête.

L'An-148 avait été mis en service en 2010. Un contrôle poussé en janvier n'avait révélé aucun défaut ou problème technique.

La compagnie a suspendu "temporairement" l'utilisation de ce modèle relativement récent du constructeur Antonov qui a réalisé son premier vol en 2004. Ce court-courrier peut transporter jusqu'à 85 passagers sur une distance de 3.500 kilomètres.

Depuis son entrée en exploitation, ce type d'avion a connu au moins cinq incidents impliquant le train d'atterrissage, le système électrique et le système de guidage.

Basée à Saratov (Volga), Saratov Airlines exploite essentiellement des avions russes Antonov ou Yakovlev et n'avait jamais été impliquée dans un accident mortel depuis la fin de l'URSS en 1991. Elle dessert surtout des villes de province en Russie ainsi que les capitales du Caucase.

Vladimir Poutine est informé "en permanence" de l'avancée de l'enquête, a indiqué lundi son porte-parole Dmitri Peskov.

Le dernier accident mortel d'un avion sur le territoire russe remonte à décembre 2016, quand un avion de passagers Tupolev Tu-154 appartenant au ministère de la Défense s'était écrasé peu après son décollage d'Adler (sud) à destination de la base aérienne russe de Hmeimim, en Syrie. Parmi les victimes figuraient plus de 60 membres des choeurs de l'Armée Rouge.

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