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Universités: les étudiants de Nanterre votent la poursuite du blocage jusqu'au 2 mai

Universités: les étudiants de Nanterre votent la poursuite du blocage jusqu'au 2 mai
Des étudiants protestataires rassemblés sur le campus de l'Université de Nanterre, le 18 avril 2018-
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Plus d'un millier d'étudiants de Nanterre, réunis jeudi en assemblée générale, ont reconduit jusqu'au 2 mai le blocage de leur université, l'un des points chauds de la contestation contre la réforme de l'accès à la fac, a constaté une journaliste de l'AFP.

Un total de 1.087 étudiants ont voté pour la poursuite de la grève, 342 contre, et 24 se sont abstenus, selon le décompte des organisateurs. Après une semaine de vacances, une nouvelle AG aura lieu le 2 mai, au premier jour d'une nouvelle période de partiels.

Haut lieu de la contestation étudiante en Mai 68, l'établissement est paralysé depuis lundi en pleine semaine de partiels, et ceux-ci ont dû être reportés. Nanterre fait partie des quatre universités totalement bloquées en France actuellement.

L'assemblée générale s'est tenue pendant plus de trois heures, sur une vaste pelouse du campus. À la tribune, les étudiants grévistes ont appelé à reconduire la grève contre une loi qui "procède à un véritable tri social", et se sont félicités de "l'ampleur" de la mobilisation.

Des enseignants ont annoncé que l'AG du personnel avait, elle aussi, voté la poursuite de la grève jusqu'au 2 mai, parlant d'une "communauté universitaire" comme d'une "communauté de colère".

Lors de cette AG agitée, des étudiants opposés au blocage se sont fait entendre. "Où est le progrès lorsque nos études sont bloquées, lorsque des projets sont mis en péril ?" a déclaré au micro Xavier, un étudiant en droit.

Estimant que la dernière AG avait réuni "5,4% des étudiants" de cette université de plus de 30.000 étudiants, un autre a demandé au micro "un vrai vote démocratique électronique".

Le président de l'université Jean-François Balaudé a aussi pris la parole, assurant "regretter infiniment les conséquences" de l'intervention de police du 9 avril. Il a promis de "faire tout ce qui est en (son) pouvoir pour qu'il n'y ait aucune espèce de poursuites" contre les étudiants interpellés.

Le secrétaire général du PCF Pierre Laurent, ainsi que des postiers en grève, ont également pris la parole, appelant à rejoindre la manifestation interprofessionnelle de l'après-midi à Paris.

Dans une tribune publiée dans le Monde jeudi, une quinzaine d'enseignants-chercheurs de Nanterre ont dénoncé le blocage des bâtiments et l'annulation des examens.

"Nous voulons être en mesure, comme d’ailleurs nos étudiants le demandent, par une pétition qui rassemble déjà près de 3 000 signatures, d’organiser des examens dans les meilleures conditions possibles, de délivrer des diplômes de qualité, crédibles, reconnus. Nous refusons le blocage des bâtiments", écrivent les signataires.

Mardi, 58 professeurs et maîtres de conférence avaient déjà signé une tribune dans l'Opinion dénonçant la "mascarade dont [l'université] est le théâtre".

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