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US Open: les sanctions contre Serena, dernier épisode d'un arbitrage qui se fait remarquer

US Open: les sanctions contre Serena, dernier épisode d'un arbitrage qui se fait remarquer
L'Américaine Serena Williams s'en prend à l'arbitre Carlos Ramos lors de la finale de l'US Open, le 8 septembre 2018 à New YorkEduardo MUNOZ ALVAREZ

L'emportement spectaculaire de Serena Williams contre l'arbitre de chaise en finale de l'US Open, remportée par la Japonaise Naomi Osaka samedi, n'est que le dernier épisode d'une quinzaine new-yorkaise qui a mis l'arbitrage, habituellement discret, en pleine lumière.

Avertie à trois reprises, la première pour "coaching", la deuxième pour "bris de raquette" et la dernière pour avoir qualifié l'arbitre portugais Carlos Ramos de "voleur", ce qui lui a valu un jeu de pénalité, Serena s'est estimée samedi victime d'une décision "sexiste".

"J'ai vu des joueurs dire à des arbitres des choses. Pour moi, lui dire que c'est un voleur et recevoir un jeu de pénalité pour ça, c'est une décision sexiste", a jugé la star américaine en conférence de presse après sa défaite (6-2, 6-4).

"Il n'a jamais infligé un jeu de pénalité à un homme parce qu'il l'a traité de +voleur+. Ca me dépasse. Mais je vais continuer à me battre pour les femmes, pour qu'on soit traitées d'égal à égal", a poursuivi la cadette des soeurs Williams (36 ans), qui avait également qualifié l'arbitre de "menteur".

Des propos qui, ajoutés à la discussion tumultueuse en plusieurs épisodes qu'elle a eu en plein match avec M. Ramos et entièrement captée par les micros sur le court, ont plus que jamais placé l'arbitrage au premier plan.

- La WTA soutient Serena -

Depuis, Serena, qui a écopé de 17.000 dollars d'amendes, a reçu une vague de soutien considérable. Celui de la WTA d'abord, par la voix de son patron Steve Simon. "La WTA pense qu'il ne devrait pas y avoir de différence de degré dans la tolérance face aux émotions exprimées par les hommes et les femmes et s'engage pour s'assurer que tous les joueurs soient traités de la même façon. Nous ne pensons pas que ça a été le cas", écrit-il.

Plus tôt, l'emblématique Billie Jean King ou encore l'ex-N.1 mondiale Victoria Azarenka avaient aussi pris parti en faveur de l'Américaine.

Cette polémique en suit de près une autre qui avait grandi à quelques jours de l'US Open, quand le président de la Fédération française de tennis Bernard Giudicelli avait déclaré que la remarquée combinaison noire portée par Serena à Roland-Garros n'y serait "plus acceptée". "Il faut respecter le jeu et l'endroit", avait-il justifié.

L'ex-N.1 mondiale n'est pas la première à être en désaccord avec l'application au pied de la lettre du règlement par M. Ramos, qui a toutefois reçu le soutien de la Fédération internationale de tennis pour avoir agi "dans le respect des règles", avec "professionnalisme et intégrité".

A Roland-Garros il y a deux ans, c'était sa soeur aînée, Venus, qui n'avait pas apprécié d'être avertie pour avoir, selon l'arbitre portugais, communiqué avec son entraîneur. Pas plus que le bouillant Australien Nick Kyrgios, après avoir crié vers un ramasseur de balles.

- "Si vous voulez être la star..." -

Aux JO-2016, Andy Murray avait lui reçu un avertissement après que M. Ramos l'avait entendu le qualifier d'"arbitre stupide". "Je n'ai pas dit +arbitre stupide+, j'ai dit +arbitrage stupide+. Mais si vous voulez être la star du match, très bien", s'était défendu le Britannique.

Sans entrer dans le débat du sexisme, Novak Djokovic a exprimé ses réserves par rapport aux décisions de M. Ramos à l'encontre de Serena. D'autres n'ont pas caché leur franche opposition.

"L'arbitre de chaise n'aurait peut-être pas dû pousser Serena à la limite. Surtout en finale de Grand Chelem. Il a changé le cours du match. Ce n'était peut-être pas utile. On passe tous par des émotions, surtout quand on se bat pour un trophée en Grand Chelem", a expliqué le Serbe, sacré aux dépens de l'Argentin Juan Martin Del Potro dimanche, sans partager la position de la WTA.

L'Américaine Coco Vandeweghe a elle estimé "ridicule" de lui avoir infligé un jeu de pénalité : "C'était une mauvaise décision de l'arbitre."

"J'ai déjà été dans la position où ils pensent qu'ils ont entendu quelque chose, alors qu'ils n'ont rien entendu. Tout le monde pense que vous avez tort, alors que ce n'est pas vrai, a-t-elle développé. Ils doivent rendre des comptes."

Avant cette finale polémique, les arbitres s'étaient déjà fait remarquer en début de quinzaine new-yorkaise.

Le tournoi avait d'abord "regretté" un avertissement adressé à la Française Alizé Cornet au premier tour, pour avoir renfilé son haut mis à l'envers à même le court. Un premier épisode qui avait déjà fait souffler un vent de critiques sur fond de sexisme.

Puis l'US Open avait reconnu que l'arbitre suédois Mohamed Lahyani "avait outrepassé le protocole" en descendant de sa chaise en plein match pour encourager Nick Kyrgios à se reprendre lors du deuxième tour de l'Australien face au Français Pierre-Hugues Herbert.

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