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US Open: quand l'arbitre vient au secours de Kyrgios en plein match

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Scène inédite à l'US Open jeudi: en plein match, l'arbitre de la rencontre entre le sanguin Nick Kyrgios et le Français Pierre-Hugues Herbert (75e) est intervenu pour encourager l'Australien, mal engagé dans la partie, à se reprendre.

Kyrgios (30e), se déplaçant à peine et commettant des fautes grossières, est mené d'un set et d'un break (6-4, 3-0) par Herbert sur le court N.17 quand l'arbitre suédois Mohamed Lahyani profite d'un changement de côté pour descendre de sa chaise et se poster devant l'Australien de 23 ans, assis l'air dépité.

"Je veux t'aider. Je vois tes matches et tu es quelqu'un de formidable pour ce sport. Ce n'est pas toi, je le sais", l'entend-on lui dire en tête-à-tête.

Une attitude déplorée par Herbert. "Ce n'était pas son rôle, ce n'est pas un entraîneur, c'est un arbitre et il n'a pas à descendre de sa chaise. Un arbitre n'a pas à aider un joueur", a considéré le joueur français, estimant que Layhani avait "fait une erreur".

"On ne saura jamais ce qui ce serait passé si Mohamed n'était pas descendu de sa chaise et ne lui avait pas parlé. Je ne peux pas vous assurer que Mohamed a changé le cours du match, mais je ne peux pas vous assurer que ça n'a pas eu un impact", a poursuivi Herbert.

- "Devenu un autre joueur" -

"Tout ce que je peux dire, c'est qu'à partir de ce moment-là, il est devenu un autre joueur", a-t-il souligné. "Avant, il n'était pas impliqué, faisait des doubles fautes... A partir du moment où Mohamed est descendu, il s'est mis à serrer le poing, à s'encourager, et surtout, il s'est mis à jouer à un niveau où je n'ai pas du tout pu suivre."

"En tant qu'arbitre, vous prenez des décisions depuis votre chaise, que ça vous plaise ou non. Mais vous ne descendez pas parler comme ça", a tranché Roger Federer.

"Il est resté là trop longtemps. C'est une conversation. Une conversation peut changer votre état d'esprit. Que ce soit avec un kiné, un médecin ou un arbitre", a ajouté le Suisse aux vingt couronnes en Grand Chelem.

"Ca n'a pas eu d'effet du tout. Pas du tout", a lui affirmé Kyrgios, expliquant avoir déjà connu des situations comparables, dans lesquelles des arbitres l'invitaient à ne pas laisser filer le match.

"Ca ne m'a pas aidé du tout, a-t-il insisté. Il ne m'a pas coaché du tout, c'est ridicule."

Les organisateurs du tournoi, eux, ont justifié l'attitude de l'arbitre par son "inquiétude" que l'Australien ait besoin "d'aide médicale" et par le "bruit" régnant sur le court.

- Herbert attend des explications -

"Lahyani s'inquiétait du fait que Kyrgios ait peut-être besoin d'une aide médicale", écrivent-ils dans un communiqué.

"Il a aussi informé Kyrgios que s'il continuait à ne pas sembler s'investir dans le match, alors en tant qu'arbitre de chaise, il devrait intervenir", poursuit le texte.

L'arbitre "est descendu de sa chaise en raison du niveau de bruit dans le stade lors du changement de côté pour être sûr de pouvoir communiquer efficacement avec Kyrgios", justifient aussi les organisateurs.

Dans la soirée, dans un texte posté sur son compte Twitter, Herbert s'en est pris aux explications avancées par le tournoi.

"Je suis en colère contre le communiqué de l'USTA (la Fédération américaine de tennis, ndlr) et la direction du tournoi qui nous prennent tous pour des imbéciles en nous faisant croire que l'arbitre n'a absolument pas outrepassé ses fonctions alors que son discours est audible sur quasiment toute vidéo", écrit-il, en ajoutant attendre "dex explications, voire des sanctions".

Quelques jeux après l'intervention de l'arbitre, Kyrgios débreakait Herbert et finissait par remporter le second set au jeu décisif (8 points à 6). Puis il empochait les deux manches suivantes pour s'imposer en quatre sets (4-6, 7-6 (8/6), 6-3, 6-0) et s'offrir un match de gala face à Roger Federer pour une place en huitièmes de finale.

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