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USA: l'administration défend devant la Cour suprême une croix géante

USA: l'administration défend devant la Cour suprême une croix géante
La Cour suprême à Washington, le 10 décembre 2018MANDEL NGAN

Le gouvernement américain a demandé jeudi à la Cour suprême de déclarer légale une croix de 12 mètres de hauteur érigée près de Washington, accusée d'enfreindre le principe de neutralité religieuse de l'Etat.

"Le retrait ou la destruction" du monument "pourrait être perçu comme l'acte d'un gouvernement qui n'est pas neutre mais hostile aux religions", a estimé le ministère de la Justice dans un document transmis à la haute cour qui doit examiner le dossier en 2019.

Inaugurée en 1925, la monumentale croix de Bladensburg, dans le Maryland, honore la mémoire de 49 soldats américains tombés pendant la Première Guerre mondiale.

Elle est située sur un terrain public, à huit kilomètres environ du temple du droit américain, et son entretien est financé par des fonds publics.

Pour cette raison, l'association de défense de la laïcité "American Humanist" estime qu'elle viole le premier amendement de la Constitution, qui interdit à l'Etat fédéral de privilégier une religion à une autre.

Après avoir perdu en première instance, l'association a obtenu raison en appel en décembre 2016.

"Sa forme agrandit la croix latine de manière à faire penser à tout observateur raisonnable que ceux qui l'ont commandée placent le christianisme au-dessus des autres confessions et qu'être Américain et Chrétien vont de pair", avait jugé le tribunal d'appel.

La Légion américaine et les parcs nationaux du Maryland ont alors introduit un recours devant la Cour suprême, qui a accepté en novembre de se saisir de ce dossier éminemment politique.

La décision de la plus haute juridiction américaine aura des conséquences pour de nombreux monuments érigés aux Etats-Unis et porteurs de symboles religieux, notamment deux croix situées dans le cimetière militaire d'Arlington près de Washington.

Pour le gouvernement de Donald Trump, dont plusieurs membres affichent ouvertement leur pratique religieuse, les pères fondateurs des Etats-Unis souhaitaient empêcher l'Etat d'imposer une religion "mais pas nier la religion dans la vie publique".

D'ailleurs, note-t-il, les présidents invoquent Dieu dans leur discours d'investiture et même la Cour suprême ouvre ses débats avec la formule "Que Dieu bénisse l'Amérique et cette Cour".

De plus, souligne le gouvernement, "le contexte, l'histoire et la disposition du monument souligne son message laïc: la commémoration et le respect des soldats tombés" pour les Etats-Unis.

Il demande donc à la Cour de rendre un avis clair, qui empêche d'autres procédures similaires à l'avenir.

La date de l'audience n'est pas encore fixée.

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