USA: pendant 8 heures, une démocrate défend les clandestins au Congrès

USA: pendant 8 heures, une démocrate défend les clandestins au Congrès
Nancy Pelosi, cheffe de la minorité démocrate de la Chambre des représentants, s'était exprimée devant des Dreamers le 30 janvier 2018 à WashingtonBrendan Smialowski

Huit heures et sept minutes: Nancy Pelosi, cheffe de la minorité démocrate de la Chambre des représentants, s'est exprimée en continu pendant un temps record dans l'hémicycle pour demander une réforme de l'immigration protégeant les jeunes sans-papiers, surnommés "Dreamers" (rêveurs).

La leader de l'opposition a pris le micro à 10h04 du matin et ne l'a relâché qu'à 18h11, restant debout en permanence, sans s'interrompre, et sans autre secours que d'occasionnels verres d'eau.

Le record précédent, selon l'historien de la chambre basse du Congrès, appartenait à un élu ayant prononcé un discours de cinq heures et 15 minutes en 1909.

La procédure de la Chambre l'autorisait, en tant que chef de l'opposition, à s'exprimer aussi longtemps qu'elle le souhaitait... ou pouvait. A l'inverse du Sénat, où le droit de parole infini est accordé à chacun des 100 sénateurs, et où le record est de plus de 24 heures.

Alors que les sénateurs se chaussent souvent pour ces performances très sportives de baskets, Nancy Pelosi, 77 ans, est restée en hauts talons.

"Nos Dreamers sont dans l'incertitude, un nuage cruel de peur planant au-dessus d'eux", a-t-elle lancé. "La lâcheté morale des républicains doit prendre fin".

"Je n'ai aucune intention de finir", a-t-elle aussi dit, après près de six heures de marathon.

La parlementaire de Californie a passé plusieurs heures à lire des lettres et témoignages de jeunes clandestins qui attendent du Congrès une régularisation.

Elle protestait contre l'absence, dans un accord budgétaire dévoilé plus tôt au Sénat, de toute mesure réglant la situation de ces centaines de milliers de sans-papiers jeunes, protégés par le programme Daca, supprimé par Donald Trump.

L'élue voulait interpeller de façon spectaculaire Paul Ryan, le chef de la majorité, afin qu'il s'engage à inscrire un débat sur l'immigration à l'ordre du jour.

A la fin de son intervention, ses collègues l'ont ovationnée et serrée dans leurs bras. Mais Paul Ryan n'avait toujours pas accédé à sa demande.

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