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Venezuela: "la Russie doit partir", lance Trump

Russie

Le président américain Donald Trump a appelé mercredi la Russie à quitter le Venezuela, après un pic de tension lié à l'envoi par Moscou de militaires et de matériel à Caracas.

"La Russie doit partir", a lancé M. Trump, en recevant dans le Bureau ovale Fabiana Rosales, épouse du chef de file de l'opposition Juan Guaido et "Première dame du Venezuela", selon la terminologie de la Maison Blanche.

Le ton ne cesse de monter entre Washington, qui reconnaît Juan Guaido comme président par intérim du pays et réclame le départ de Nicolas Maduro, et Moscou, qui accuse les Etats-Unis d'essayer d'organiser un "coup d'Etat" dans ce pays aux immenses réserves pétrolières.

En début de semaine, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo avait dénoncé "l'intrusion persistante de personnel militaire russe pour soutenir le régime illégitime de Nicolas Maduro" et prévenu que les Etats-Unis ne resteraient pas les bras croisés si la Russie continuait "d'exacerber les tensions" au Venezuela.

Moscou revendique le droit de renforcer sa coopération avec le Venezuela "en accord avec la Constitution de ce pays et dans le cadre de la loi". Deux avions russes transportant une centaine de militaires et 35 tonnes de matériel sont arrivés à Caracas, selon l'agence russe Sputnik.

Réagissant aux mises en garde de M. Trump, la porte-parole de la diplomatie russe Maria Zakharova lui a conseillé de tenir sa promesse de retirer les troupes américaines de Syrie avant de donner des conseils à d'autres pays.

"Il a déclaré que les Etats-Unis se retireraient de Syrie, un mois est passé... Je pose le question: se sont-il retirés?", a-t-elle déclaré, citée par l’agence Interfax. "Avant de vouloir prendre en main le destin d'autres pays, je lui conseillerais de réaliser les promesses faites à la communauté internationale".

- "Provocation" de Moscou -

L'opposant Juan Guaido s'est autoproclamé président par intérim du pays le 23 janvier. Deux mois plus tard, le Venezuela reste confronté à la plus grave crise de son histoire, avec une économie au ralenti, une monnaie naufragée et des pénuries de tout.

Nicolas Maduro de son côté met en avant le soutien de la Russie et de la Chine, les principaux créanciers du pays, qui prennent systématiquement son parti dans les instances internationales comme au Conseil de sécurité des Nations unies.

Le vice-président Mike Pence a dénoncé une "provocation" de la Russie. "Les Etats-Unis appellent la Russie à cesser tout soutien au régime (du président Nicolas) Maduro", a-t-il martelé.

M. Pompeo a réaffirmé que les Etats-Unis n'avaient aucunement l'intention de négocier avec Nicolas Maduro. "Aucun élément n'accrédite l'idée que parler avec Maduro apporterait quoi que ce soit à ce stade", a-t-il déclaré devant le Congrès. "Il est temps qu'il parte".

Le chef de la diplomatie américaine a par ailleurs semblé confirmer que des discussions étaient en cours pour trouver une terre d'exil pour M. Maduro. Interrogé sur les offres du Mexique et de la Norvège pour aider à sortir de l'impasse actuelle, il a répondu avoir été "personnellement" en contact avec les gouvernements de ces deux pays.

Lors de son entretien avec Donald Trump, l'épouse de Juan Guaido, Fabiana Rosales, a insisté sur la "crise terrible" dans laquelle est actuellement plongé son pays. "J'ai peur pour la vie de mon mari", a déclaré la journaliste de 26 ans, dénonçant la "terrible dictature" de Nicolas Maduro.

"Nous sommes avec vous à 100%", lui a répondu le président américain.

L'épouse de l'opposant vénézuélien rencontrera mardi à Mar-a-Lago, en Floride, la Première dame des Etats-Unis Melania Trump.

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