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Venezuela: Maduro "optimiste" après la reprise du dialogue avec l'opposition

Venezuela: Maduro
Las conversaciones se retoman luego de que Guaidó denunciara el "abominable asesinato" del capitán de corbeta Rafael Acosta Arévalo el pasado 29 de junioFederico PARRA

Le président du Venezuela Nicolas Maduro s'est dit "optimiste" lundi, après la reprise du dialogue sur l'île de la Barbade entre les représentants de son gouvernement et ceux de l'opposition pour tenter de mettre fin à la crise politique qui secoue le pays.

"Je suis très optimiste (...). Aujourd'hui, ils ont eu une réunion de cinq heures et il me semble que pas à pas, avec une patience stratégique, nous ouvrons la voie de la paix", a dit M. Maduro dans une déclaration diffusée par la télévision d'Etat VTV.

M. Maduro a assuré avoir reçu des rapports "prometteurs" de son principal négociateur, le ministre de la Communication Jorge Rodriguez. Le président vénézuélien a ajouté qu'un programme en six points avec une "vision de l'ensemble du pays" était discuté, sans fournir davantage de détails.

"Si on travaille avec de la bonne volonté et qu'il n'y a pas d'interventionnisme gringo (...), je suis sûr que des accords seront conclus", a ajouté Nicolas Maduro, qui accuse les Etats-Unis de l'échec de précédentes négociations, fin 2017 et début 2018 en République Dominicaine.

Les délégations du gouvernement du Venezuela et du chef de file de l'opposition Juan Guaido, reconnu président par intérim par une cinquantaine de pays, sont arrivées sur l'île caribéenne de la Barbade lundi matin. Il s'agit d'un troisième round de dialogue depuis le mois de mai, après deux premières réunions organisées à Oslo en mai qui n'ont donné aucun résultat tangible.

Le N.2 du gouvernement vénézuélien, Diosdado Cabello, a confirmé que la délégation pour cette troisième session de pourparlers serait la même qu'à Oslo, menée notamment par le ministre de la Communication Jorge Rodriguez et le ministre des Affaires étrangères, Jorge Arreaza. "Nous soutenons absolument la proposition" de dialogue, a dit lundi M. Cabello.

L'opposition a également envoyé la même délégation que précédemment en Norvège, constituée notamment du parlementaire Stalin Gonzalez, de l'ex-député Gerardo Blyde et de l'ancien ministre Fernando Martinez Mottola, a-t-on confirmé à l'AFP.

- "Sortie de la dictature" -

La semaine dernière, Juan Guaido avait écarté de nouvelles négociations après la mort en détention "après avoir été torturé" du capitaine de corvette Rafael Acosta Arevalo. Le soldat était accusé par le gouvernement d'avoir voulu participer à une "tentative de coup d'Etat" déjouée.

De son côté, Nicolas Maduro a affirmé à plusieurs reprises que le dialogue "continuerait" avec l'opposition.

Dimanche, Juan Guaido, qui tente de déloger Nicolas Maduro depuis janvier, a affirmé que les négociations visaient la "sortie de la dictature", comme il qualifie le gouvernement.

Une partie de l'opposition avait rejeté ces pourparlers, en estimant qu'ils donneraient "de l'oxygène" au président vénézuélien.

"Une solution violente (...) pourrait entraîner une perte de gouvernabilité y compris pour un nouveau gouvernement", a affirmé en revanche le député de l'opposition Enrique Marquez à l'AFP.

Parallèlement, Juan Guaido a rencontré lundi le "conseiller spécial" pour le Venezuela de l'Union européenne (UE), l'Uruguayen Enrique Iglesias.

M. Iglesias a ensuite été reçu par la vice-présidente vénézuélienne, Delcy Rodriguez, selon des images diffusées par la télévision d'Etat. "Iglesias ratifie son engagement dans le processus de dialogue", a déclaré Mme Rodriguez sur Twitter.

A la crise politique que vit le Venezuela s'ajoute la pire crise économique de l'histoire récente de ce pays aux plus grandes réserves de pétrole au monde. L'hyperinflation devrait atteindre les 10.000.000% en 2019, selon le FMI. Les pénuries de médicaments et d'essence se multiplient et un quart de la population a besoin d'une aide humanitaire d'urgence, d'après l'ONU.

Le gouvernement estime que le Venezuela est victime d'un "blocus" que les Etats-Unis ont mis en place à son encontre par le biais de nombreuses sanctions économiques.

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