Vers un marché américain de l'emploi toujours plus fort en février

Vers un marché américain de l'emploi toujours plus fort en février
"On embauche maintenant" indique cette affiche d'une société à Miami, en Floride, dans le sud des Etats-Unis, le 7 juillet 2017JOE RAEDLE

Le gouvernement américain publie vendredi les chiffres de l'emploi pour février qui devraient toujours afficher une insolente santé, compliquant la tâche du secteur manufacturier qui serait contraint d'embaucher si certaines importations se retrouvaient lourdement taxées.

Les analystes s'attendent à ce que le ministère du Travail décompte 210.000 nouvelles créations d'emplois après déjà 200.000 en janvier.

Le taux de chômage pourrait encore perdre un dixième de point de pourcentage et descendre à 4%, un plus bas depuis le milieu de 2000, au pic de la bulle internet.

Certains analystes estiment même qu'à ce rythme de créations d'emplois, la main d’œuvre n'étant pas aussi rapidement extensible, "un taux de chômage commençant par un 3 peut intervenir à tout moment", selon l'analyste Ian Shepherdson.

La semaine dernière, les demandes hebdomadaires d'allocations chômage sont tombées au plus bas depuis 1969 et sont largement sous la barre des 300.000 depuis trois ans.

Même le nouveau président de la Fed, Jerome Powell, s'est étonné récemment devant le Congrès de la chute du taux de chômage (qui avait grimpé à 10% lors de la récession de 2009) qui se poursuit sans pour autant provoquer jusqu'ici de hausses marquées des salaires.

Mais ces augmentations de salaires et donc de prix, en raison de l'étroitesse du marché de l'emploi, commencent nettement à se manifester, comme en a témoigné le Livre beige de la Fed publié mercredi.

Il devient de plus en plus difficile de pourvoir des emplois qualifiés faute de main d’œuvre, les employeurs devant proposer des salaires plus hauts, ou de meilleurs avantages sociaux (couverture santé, jours de congé, flexibilité horaire).

Le secteur manufacturier, soutenu par l’administration Trump qui veut promouvoir le "made in America" en imposant notamment des tarifs douaniers sur les importations d'acier et d'aluminium, se porte mieux mais ses industriels peinent à pourvoir les postes nécessaires.

- Manque de main d’œuvre -

Non seulement le marché manque de main d’œuvre mais les départs à la retraite sont plus nombreux avec le vieillissement de la population, le tout dans un contexte de restriction de l'immigration. Dans le rapport économique de la Fed, un producteur d'acier se plaint ainsi du fait que chaque fois qu'il parvient "à faire le plein de ses effectifs, quelqu'un quitte l'entreprise".

Ainsi, dans le sillage d'un frémissement à la hausse des salaires, "les prix ont augmenté dans toutes les régions" dit le Livre beige, publié deux semaines avant une réunion monétaire de la Fed les 20 et 21 mars. Il évoque désormais une "inflation modérée".

Signe avant coureur de nouveaux bons chiffres de l'emploi attendus pour février, l'enquête de la firme de fiches de paie ADP, qui surveille le seul secteur privé, a annoncé encore de fortes embauches avec 235.000 créations d'emplois, plus que ne s'y attendaient les analystes.

"Le marché de l'emploi continue d'afficher une croissance ininterrompue", a déclaré Ahu Yildirmaz, vice-président du département recherche d'ADP.

"Nous voyons des gains continus dans la plupart des secteurs allant des loisirs à la distribution, encouragés par de plus fortes dépenses de la part des consommateurs", a-t-il ajouté.

Pour Mark Zandi, l'économiste en chef de Moody's Analytics qui compile les données pour l'enquête d'ADP, "le marché du travail est bouillant et menace de surchauffer".

Pour Joel Naroff, économiste indépendant, il faut aussi ajouter le stimulus fiscal du gouvernement et les réductions d'impôts accordées aux entreprises, "qui présentent le risque en rendant l'économie plus forte de faire naître de grandes tensions sur les salaires".

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