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Vietnam: une célèbre dissidente appelle Facebook à s'engager "pour la liberté d'expression"

Vietnam: une célèbre dissidente appelle Facebook à s'engager
Mai Khoi, musicienne vietnamienne dissidente du régime, le 21 mai 2016 à HanoïHOANG DINH NAM
Internet

Mai Khoi, une musicienne dissidente surnommée la "Lady Gaga" du Vietnam et régulièrement censurée par le régime de Hanoï, a appelé vendredi Facebook à s'engager davantage pour la liberté d'expression dans son pays, à l'issue d'une rencontre avec les dirigeants du réseau social à San Francisco.

"Protéger la liberté d’expression devrait faire partie de la politique officielle de Facebook, malheureusement ce n'est pas le cas", a déclaré à l'AFP l'artiste lors d'une interview à l'aéroport de la ville.

"Facebook est le seul espace au Vietnam où l'on peut parler librement, exprimer nos opinions librement, avoir accès a une information non censurée, et parfois organiser des manifestations pacifistes. C’est pourquoi notre gouvernement a peur. Alors il essaie de contrôler Facebook (...) La répression est lourde", a assuré Mai Khoi.

Facebook est extrêmement populaire au Vietnam, où l'on recense quelque 53 millions d'abonnés, plus de la moitié de la population.

Le régime communiste a adopté des mesures de "cybersécurité" très restrictives qui doivent entrer en vigueur en janvier prochain, et qui sont dénoncées par de nombreuses organisations de défense des droits de l'homme. Outre des pouvoirs de censure étendus, cette loi donne aux autorités vietnamiennes le droit de contraindre des entreprises technologiques à leur livrer des données confidentielles, y compris les informations personnelles des utilisateurs, selon ses détracteurs.

Mai Khoi, pop-star militante dont les concerts clandestins sont systématiquement interdits et qui ne peut pas vendre légalement ses oeuvres musicales au Vietnam, craint d'être désormais traquée jusque sur internet.

"Pendant cette réunion, j’ai demandé à Facebook d'empêcher les sbires du gouvernement d'utiliser les propres critères de la communauté Facebook pour faire taire les dissidents. Ils m'ont répondu qu'ils travaillaient déjà sur la question. Mais en réalité, au Vietnam, de nombreux journalistes indépendants et militants voient leurs comptes fermés et leurs publications effacées tous les jours", assure Mai Khoi.

Placée en résidence surveillée fin 2017 après avoir brandi un slogan injurieux à l'égard du président Donald Trump, en visite dans le pays, elle avait été interdite de candidature aux élections parlementaires un an plus tôt.

"La liberté d’expression au Vietnam n’est pas garantie et je ne sais pas pourquoi Facebook aide, ou fait mine d'ignorer, les partisans du gouvernement qui musellent les dissidents. Je pense que Facebook devrait faire les choses correctement et montrer qu'ils protègent la liberté d'expression", a-t-elle lancé.

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