Vols de technologies par Huawei: enquête pénale aux États-Unis (presse)

Vols de technologies par Huawei: enquête pénale aux États-Unis (presse)
L'enseigne d'un magasin Huawei à Pékin, le 10 décembre 2018 GREG BAKER
Chine, INFORMATIQUE

La justice américaine a ouvert une enquête pénale sur des soupçons de vols de technologies par le groupe chinois des télécommunications Huawei, qui cristallise plusieurs sujets de discordes diplomatiques et commerciales entre les deux puissances, selon le Wall Street Journal mercredi.

D'après le quotidien économique, des procureurs fédéraux soupçonnent le groupe, bête noire de Washington, d'avoir dérobé des secrets technologiques à des groupes américains travaillant avec Huawei, notamment autour d'un appareil utilisé par l'opérateur américain T-Mobile pour tester les smartphones.

L'enquête est à un "stade avancé" et pourrait "bientôt" entraîner une inculpation, ajoute le WSJ, citant des sources anonymes.

Interrogé par l'AFP, Huawei a refusé de commenter ses informations, se contentant de rappeler que "Huawei et T-Mobile ont réglé leur litige en 2017 après un verdict d'un jury américain".

Le ministère américain de la Justice s'est refusé à tout commentaire.

Parmi les nombreux griefs commerciaux adressés par le président américain Donald Trump à la Chine figurent régulièrement les vols de technologies.

Devenu l'un des plus grands équipementiers télécoms du monde, Huawei se trouve aussi au centre de soupçons d'espionnage dans plusieurs pays, dont les États-Unis, l'Australie et le Japon, qui lui ont interdit de bâtir un réseau d'internet ultrarapide 5G.

Des médias se sont également fait l'écho de doutes en France, en Allemagne et au Royaume-Uni.

Mardi, le discret fondateur de Huawei, Ren Zhengfei, ancien officier de l'armée chinoise, a démenti farouchement tout espionnage.

Huawei est aussi au centre d'une crise diplomatique majeure depuis l'arrestation le 1er décembre au Canada, sur demande de la justice américaine, de la directrice financière du groupe, Meng Wanzhou, la fille de Ren Zhengfei. Les États-Unis, qui demandent son extradition, la soupçonnent de complicité de fraude pour contourner les sanctions contre l'Iran.

Mercredi, trois parlementaires américains ont d'ailleurs déposé une proposition de loi demandant au président d'interdire l'exportation de composants ou de pièces vers des compagnies chinoises de télécoms qui auraient enfreint des sanctions américaines.

Cette initiative fait suite à l'arrestation de Meng Wanzhou, écrivent des parlementaires, accusant Huawei d'être "dans les faits une entité d'espionnage pour le compte du Parti communiste chinois".

Outre les questions diplomatiques et de sécurité nationale, les querelles autour de ZTE, autre groupe télécoms chinois, et Huawei illustrent la concurrence farouche dans les technologies entre les deux premières puissances économiques mondiales, engagées dans un conflit commercial.

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