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Washington et Pékin pas près de signer un accord commercial

Chine

Washington et Pékin sont encore loin de signer un accord commercial alors qu'une délégation chinoise est attendue la semaine prochaine à Washington pour de nouvelles négociations.

"Nous avons effectué un grand travail préliminaire mais nous sommes à des miles et à des miles de trouver une solution", a déclaré jeudi le ministre américain du Commerce Wilbur Ross, sur CNBC.

Wall Street s'est soudainement replié au moment de ces commentaires semblant contredire ceux, tenus la veille, par le président américain Donald Trump.

L'occupant de la Maison Blanche a en effet assuré que les négociations avec la Chine se passaient "très bien", tout en se refusant à se prononcer sur l'issue de la guerre commerciale.

M. Ross a observé que le fait d'être encore loin d'un consensus "ne devrait pas tellement surprendre" compte-tenu "des très, très nombreux points litigieux" examinés autour de la table des discussions.

Les négociations commerciales sont d'autant plus "compliquées", a-t-il souligné, que l'administration Trump a fixé des objectifs ambitieux: obtenir de la Chine qu'elle consente à des réformes structurelles en changeant ses pratiques commerciales jugées déloyales comme le transfert "forcé" de technologies et le "vol" de propriété intellectuelle.

Pour Washington, Pékin doit aussi réduire le colossal déficit commercial des Etats-Unis (plus de 375 milliards de dollars de biens en 2017), en ouvrant davantage son marché aux produits américains et en mettant fin aux subventions de ses entreprises.

Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping ont consenti début décembre à se donner un répit de 90 jours, jusqu'au 1er mars, pour négocier un accord commercial faute de quoi le conflit entre les deux puissances pourrait repartir de plus belle.

La conséquence immédiate d'une impasse des discussions serait de faire passer de 10 à 25% des taxes douanières sur 200 milliards de dollars de marchandises chinoises.

Quelque 50 milliards de dollars d'importations chinoises sont déjà taxées à hauteur de 25%, sans compter des droits supplémentaires sur des importations d'acier et d'aluminium (respectivement 25% et 10%).

De son côté, la Chine a imposé des taxes supplémentaires sur la totalité (quelque 110 milliards de dollars en 2017) de biens américains importés.

Wilbur Ross a indiqué que "l'importante délégation chinoise" comprendrait "quelque 30 personnes" qui resteront "quelques jours" dans la capitale fédérale.

Parmi elles devrait se trouver le vice-Premier ministre chinois Liu He, négociateur commercial en chef de Pékin.

- "Chance raisonnable" -

Malgré ces difficultés, le ministre américain a relevé qu'il y avait "une chance raisonnable que nous trouvions un accord" car les deux pays en souhaitent un, à condition qu'il soit "satisfaisant pour les deux parties".

Dans une allusion à l'extrême volatilité des marchés, il a exhorté à ne pas se focaliser sur les négociations qui auront lieu la semaine prochaine.

"J'essaie de dire aux gens qu'ils ne devraient pas penser que les événements de la semaine prochaine vont apporter la solution à tous les problèmes existant entre les Etats-Unis et la Chine", a-t-il insisté alors que les marchés sont fébriles, montant ou descendant au gré des commentaires optimistes ou pessimistes sur les négociations commerciales.

Selon lui, il serait bien hasardeux de préjuger des résultats de ces futures négociations.

De son côté, le conseiller économique de la Maison Blanche Larry Kudlow a qualifié jeudi de "très importante" la rencontre avec le vice-premier ministre chinois tout en estimant qu'elle ne sifflerait pas "la fin du match".

"Nos négociations avec la Chine se passent très bien. Et quelle que soit l'issue, ce sera bien pour nous", a assuré mercredi Donald Trump. "La Chine veut vraiment un accord".

Le président républicain estime que les Etats-Unis sont en position de force dans ces négociations dans la mesure où l'économie chinoise présente des signes d'essoufflement notamment sous l'effet des tarifs douaniers américains.

Le vice-président chinois Wang Qishan a, lui, mis l'accent sur le fait que les deux économies étaient interdépendantes et que "toute confrontation est néfaste pour les intérêts des deux parties".

En mai 2017, les deux pays étaient parvenus à une trêve de courte durée avant de plonger dans une guerre commerciale. Les discussions avaient alors notamment buté sur l'exigence du président Trump d'une réduction de 200 milliards de dollars de son déficit commercial.

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