Washington met en garde Caracas contre la tentation de s'en prendre à Guaido

Washington met en garde Caracas contre la tentation de s'en prendre à Guaido
L'opposant vénézuélien Carlos Vecchio (à gauche) et le vice-président américain Mike Pence à Washington le 29 janvier 2019MANDEL NGAN

La Maison Blanche a mis en garde mardi le régime vénézuélien de Nicolas Maduro contre la tentation de s'en prendre à l'opposant Juan Guaido, qu'elle a reconnu comme président par intérim.

"Ceux qui tentent de saboter la démocratie et de s'en prendre à Guaido en subiront les conséquences", a tweeté John Bolton, conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump.

M. Bolton réagissait à la décision du procureur général du Venezuela, Tarek William Saab, de demander l'application de "mesures de précaution" contre M. Guaido, dont l'interdiction de sortir du pays et le blocage de ses comptes.

"Nous dénonçons les menaces de l'ancien procureur général du Venezuela contre le président Juan Guaido", a souligné le conseiller américain.

Plus tard dans la journée, le Tribunal suprême de justice (TSJ) du Venezuela a effectivement interdit à Juan Guaido de quitter le pays et a gelé ses comptes bancaires.

Après avoir annoncé lundi des mesures contre la compagnie pétrolière vénézuélienne PDVSA, les Etats-Unis ont menacé mardi, par la voix du secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin, de sanctions supplémentaires.

De son côté, Kimberly Breier, secrétaire d'Etat adjointe chargée des Amériques, a rencontré l'opposant Carlos Vecchio, nommé par Juan Guaido nouveau chargé d'affaires du Venezuela aux Etats-Unis, afin de "discuter des prochaines étapes pour soutenir la transition démocratique au Venezuela".

"Nous sommes unis avec tous ceux qui sont en faveur de la démocratie", a-t-elle tweeté.

A l'issue d'une rencontre avec le vice-président Mike Pence à la Maison Blanche, Carlos Vecchio a estimé que la lutte politique en cours au Venezuela était "un combat entre la démocratie et la dictature".

"Nous avons besoin du soutien de la communauté internationale, nous ne pouvons faire cela tout seuls", a-t-il martelé.

Parallèlement, le nouveau représentant vénézuélien auprès de l'Organisation des États américains (OEA) Gustavo Tarre --nommé après la reconnaissance par les Etats-Unis, le Canada et d'autres pays d'Amérique latine de Juan Guaido en tant que président par intérim-- a affirmé que ce dernier ne réclamait pas "un coup d'Etat".

M. Tarre s'est également montré confiant dans le fait que les manifestations et la pression des sanctions feraient plier Nicolas Maduro. "Je pense que personne n'est prêt au Venezuela à mourir pour Maduro", a-t-il déclaré depuis Washington, où est basée l'OEA.

"Dans les guerres civiles, normalement il y a des gens avec de fortes convictions", a-t-il dit. "Au Venezuela, il y a des gens corrompus, des gens qui ont de la sympathie pour Maduro, mais des gens prêts à se battre et à mourir pour Maduro, je pense qu'il n'y en a pas."

La communauté internationale redoute une catastrophe humanitaire au Venezuela, qui se débat entre hyperinflation (10.000.000% en 2019 selon le FMI) et graves pénuries de nourriture et de médicaments.

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