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XV de France: un élan à entretenir et des places à saisir

Après un Tournoi des six nations encourageant, la périlleuse tournée du XV de France en Nouvelle-Zélande, qui débute samedi, doit permettre au collectif de s'affirmer tout en offrant à plusieurs joueurs l'occasion de se frayer un chemin vers la Coupe du monde 2019.

La route du Japon (20 septembre-2 novembre) passe par un détour chez les doubles champions du monde en titre, aux allures de col hors catégorie.

Les Bleus l'abordent en peloton groupé après avoir montré qu'ils en avaient sous la pédale lors du Tournoi, le premier de l'ère Jacques Brunel, mieux terminé (victoires contre l'Italie et l'Angleterre, court revers au pays de Galles) que commencé (défaites face l'Irlande et en Ecosse).

Gare cependant à la fringale face aux All Blacks, qui les ont battus lors des onze dernières confrontations. Depuis un dernier succès tricolore en juin 2009 à Dunedin (27-22), où le XV de France finira la tournée -- le deuxième test aura lieu le 16 juin à Wellington.

Aussi Brunel s'est-il bien gardé de fixer un objectif chiffré pour ce voyage de fin de saison qui traditionnellement ne réussit pas à la France. Les Bleus de Guy Novès, ambitieux avant de subir trois lourdes défaites en juin 2017 en Afrique du Sud, ont payé pour le savoir.

"On va rencontrer la meilleure équipe du monde. On a dit pendant le Tournoi qu'on voulait se mesurer aux meilleurs, s'en approcher le plus près possible. Voilà quel va être l'objectif de la tournée. Il faut qu'on sente qu'on est proche d'eux" déclarait ainsi à l'AFP le sélectionneur avant de s'envoler pour la Nouvelle-Zélande.

- 'Des atouts' -

D'autant que Brunel n'a pas emmené avec lui toutes ses armes. Certains parce qu'il a souhaité les ménager après une longue saison (le capitaine Guirado, Lauret, Chavancy), d'autres parce qu'il n'a pas eu le choix (Poirot et Vahaamahina suspendus, Machenaud, Huget, Lopez et Trinh-Duc blessés).

Louis Picamoles et Virimi Vakatawa ont eux renoncé pour soigner, une fois le championnat terminé, des bobos au corps, ainsi qu'à l'âme pour le Montpelliérain.

Ces absences contrebalancent largement celles, côté All Blacks, de Kieran Read, Sonny Bill Williams et Dane Coles, ainsi que, pour le match d'ouverture samedi à l'Eden Park d'Auckland, de Brodie Retallick (Ryan Crotty et Sam Whitelock sont pour leur part incertains).

"Ce n'est peut être pas la meilleure équipe (de France) car le choix, pour différentes raisons, n'est pas total, mais je suis quand même convaincu que cette équipe a des atouts" a estimé Brunel.

Dont une certaine fraîcheur puisque, chose relativement rare, seulement trois joueurs du groupe de 32 ont participé à la finale du Top 14 samedi (le Castrais Mathieu Babillot, les Montpelliérains Benjamin Fall et Kélian Galletier).

- 'Dernière opportunité' -

Certains ont même terminé la saison de championnat depuis un mois, dont les Clermontois Morgan Parra et Wesley Fofana.

Deux revenants expérimentés remis sur pied que le patron des Bleus a enfin pu sélectionner, même si Fofana vient de déclarer forfait pour le premier test en raison d'un début de tendinite au genou gauche.

D'autres joueurs font eux leur retour dans les petits papiers de Brunel, profitant des absences, à l'instar de Yoann Maestri, Uini Atonio, Jules Plisson, Rémi Lamerat, Hugo Bonneval et Maxime Médard.

"J'espère qu'ils (tous les revenants, NDLR) vont être en mesure de montrer un peu qu'ils veulent revenir en équipe de France" a lancé le sélectionneur.

Certains abattent sans doute leur dernière carte, tel Plisson et Bonneval, qui ne figurent pas sur la liste des soixante joueurs suivis de près par l'encadrement dévoilée la semaine dernière.

Car ensuite, a prévenu Brunel, "on arrivera dans la dernière ligne droite et le groupe va se resserrer" lors des tests de novembre puis pendant le Tournoi des six nations. "Donc il s'agit de la dernière opportunité de prendre des places en vue de la Coupe du monde."

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