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Yémen: le bilan d'un raid contre un bus d'enfants s'alourdit à 51 morts

Enfants

Plus de 50 personnes dont quarante enfants ont péri la semaine dernière au Yémen dans une frappe attribuée à une coalition sous commandement saoudien, a indiqué mardi la Croix-Rouge, un bilan qui rappelle le lourd tribut payé par les civils dans le conflit.

Cette coalition militaire est intervenue en mars 2015 au Yémen pour aider le pouvoir face aux rebelles Houthis qui s'étaient emparés de vastes pans du territoire dont la capitale Sanaa.

La guerre qui dure depuis, sans perspective de solution en vue, a fait quelque 10.000 morts et provoqué "la pire crise humanitaire" au monde selon l'ONU.

Le 9 août, un raid aérien a frappé un bus qui transportait des enfants sur un marché très fréquenté de Dahyan, dans la province septentrionale de Saada, fief des rebelles. Ce carnage a suscité une vague de réprobation internationale et des appels à l'ouverture d'une enquête.

Mardi, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a donné un nouveau bilan de la tragédie, dans un communiqué publié à Sanaa: 51 morts, dont 40 enfants, et 79 blessés, dont 56 enfants.

La plupart des morts ont été enterrés lundi après des funérailles organisées et encadrées par les rebelles à Saada. A cette occasion, des milliers de partisans des insurgés ont manifesté pour dénoncer tour à tour l'Arabie saoudite, les autres membres de la coalition et les Etats-Unis accusés de fournir une aide logistique et des informations aux Saoudiens.

- "Le massacre des écoliers" -

Au début de la cérémonie, les cercueils, recouverts d'un tissu vert, couleur symbole du martyre, et des portraits des jeunes victimes, ont été alignés au sol pour la prière des morts. Ils sont arrivés sur une grande place à bord d'une cinquantaine de véhicules.

La foule a brandi les portraits des jeunes enfants sur des pancartes accompagnées de leur nom et de la mention "martyr". "Le massacre des écoliers de Dahyan", pouvait-on lire également.

Elle a aussi crié des slogans anti-américains et anti-israéliens et dénoncé un "crime des Saoudiens contre l'enfance yéménite".

Un haut responsable rebelle, Mohammed Ali al-Houthi, présent aux funérailles, a dénoncé un "crime de l'Amérique et de ses alliés contre les enfants du Yémen".

Selon les médias des rebelles, la coalition a poursuivi ses raids lundi sur différentes cibles de la province de Saada, d'où sont tirés habituellement des missiles balistiques contre l'Arabie saoudite voisine.

Le nouveau bilan du CICR recoupe celui donné par les rebelles qui ont accusé l'aviation saoudienne d'avoir commis ce "massacre". Le précédent bilan du CICR faisait état d'au moins 29 enfants âgés de moins de 15 ans tués.

Au lendemain de l'attaque, la coalition a annoncé l'ouverture d'une enquête, en évoquant des "dommages collatéraux subis par un bus de passagers" à l'occasion d'une opération menée par ses forces contre les rebelles.

- "Sale guerre" -

Le Conseil de sécurité de l'ONU a appelé à une enquête "crédible", sans toutefois exiger une enquête indépendante comme l'avaient demandé le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres et les Pays-Bas.

La coordinatrice humanitaire de l'ONU pour le Yémen, Lise Grande, avait dénoncé un acte "horrible et totalement inacceptable", appelant à ouvrir les yeux sur ce qui se passe au Yémen".

La coalition a été accusée d'avoir commis de nombreuses bavures contre des civils dans le conflit au Yémen, où les Houthis sont soutenus par l'Iran, principal rival régional de l'Arabie saoudite.

Elle en a reconnu certaines, mais accuse régulièrement les Houthis de se mêler aux civils ou de les utiliser comme boucliers humains.

En septembre 2015, une salle de mariage a été touchée. Il y a eu 131 morts et la coalition a démenti toute implication.

En octobre 2016, le bombardement d'une cérémonie funéraire à Sanaa a causé la mort de 140 personnes.

Lundi, le ministre d'Etat émirati aux Affaires étrangères, dont le pays est un pilier de la coalition, a admis que des bavures pouvaient se produire. "Cette guerre a été et reste une sale guerre", a déclaré Anwar Gargash.

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