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Yémen: le gouvernement accuse les Emirats d'avoir bombardé ses troupes dans le sud (ministre)

Yémen: le gouvernement accuse les Emirats d'avoir bombardé ses troupes dans le sud (ministre)
Des combattants des forces séparatistes du sud du Yémen STC) bloquent une route près de l'aéroport international d'Aden, le 29 août 2019Nabil HASAN

Le gouvernement yéménite a accusé jeudi les Emirats arabes unis, pourtant membre d'une coalition qui le soutient contre les rebelles Houthis, d'avoir bombardé ses troupes dans le sud du pays, où ont lieu des combats avec des forces séparatistes formées par Abou Dhabi.

"Le gouvernement condamne les bombardements des Emirats contre ses troupes à Aden, la capitale provisoire, et à Zinjibar", chef-lieu de la province proche d'Abyane, a déclaré sur Twitter Mohammed al-Hadhrami, vice-ministre des Affaires étrangères du gouvernement du président Abd Rabbo Mansour Hadi, reconnu par la communauté internationale.

Ces bombardements ont fait des morts et des blessés parmi les civils et les forces du gouvernement, a ajouté le responsables yéménite, en rejetant sur les Emirats "la responsabilité de cette agression violant la loi internationale".

M. Hadhrami n'a pas précisé la date de ces bombardements mais des habitants d'Aden ont indiqué à l'AFP avoir entendu des bruits de raids aériens mercredi lorsque les forces du gouvernement entraient dans la ville.

Le responsable yéménite a appelé l'Arabie saoudite, qui conduit la coalition soutenant son gouvernement et à laquelle appartiennent les Emirats, à soutenir "la légalité yéménite et à mettre fin à cette escalade illégale et injustifiée".

En dépit de leur alliance stratégique contre les rebelles Houthis --maîtres de la capitale Sanaa, au nord--, les Emirats arabes unis et l'Arabie saoudite soutiennent des camps opposés dans le sud du Yémen.

Abou Dhabi appuie les séparatistes tandis que Ryad soutient le gouvernement de M. Hadi.

Moins de vingt-quatre heures après en avoir perdu le contrôle, les séparatistes ont repris jeudi la ville d'Aden, a déclaré à l'AFP le porte-parole du Conseil de transition du sud (STC), Haitham Nezar.

Les forces gouvernementales "se sont retirées" vers la province voisine d'Abyane, a confirmé une source de sécurité du gouvernement.

Aden avait été conquise une première fois le 10 août par les séparatistes, à l'issue de vifs combats ayant fait au moins 40 morts.

Le gouvernement yéménite avait alors accusé les Emirats d'avoir favorisé un "coup d'Etat" à Aden.

Ryad et Abou Dhabi ont publiquement appelé de concert au dialogue, sans parvenir jusque-là à mettre fin au combat.

Cette discorde dans le sud du pays mine la coalition anti-Houthis, engagée au Yémen depuis 2015.

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