Yémen: manifestation lors des funérailles d'enfants tués dans un raid

Yémen: manifestation lors des funérailles d'enfants tués dans un raid
Des jeunes yéménites participent le 13 août 2018 dans la ville de Saada, fief rebelle dans le nord du Yémen, aux funérailles d'enfants tués lors d'un raid aérien attribué à la coalition militaire dirSTRINGER
Enfants

Des milliers de Yéménites ont crié leur colère contre l'Arabie saoudite et les Etats-Unis en participant lundi aux funérailles d'enfants tués lors d'un raid aérien attribué à la coalition militaire dirigée par Ryad.

Les funérailles se sont déroulées dans la ville de Saada, fief des rebelles Houthis dans le nord du Yémen. Les cercueils, recouverts de vert avec les portraits des jeunes victimes, ont été alignés par terre pour la prière des morts. En uniforme beige, de jeunes enfants étaient venus participer à la cérémonie, a constaté un photographe collaborant avec l'AFP.

Au moins 29 enfants âgés de moins de 15 ans ont péri jeudi dans une frappe aérienne contre leur bus sur un marché très fréquenté de Dahyan, dans la province de Saada, selon le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

Lundi, les dépouilles de certaines des victimes sont arrivées sur une grande place de Saada à bord d'une cinquantaine de véhicules.

Au milieu d'une vaste étendue aride, la foule a brandi les portraits des jeunes enfants sur des pancartes accompagnées de leur nom et de la mention de "martyr". "Le massacre des écoliers de Dahyan", pouvait-on également lire.

La foule avait crié auparavant des slogans anti-américains et anti-israéliens et dénoncé un "crime des Saoudiens contre l'enfance yéménite", selon des images retransmises en direct par la chaîne Al-Massirah.

Un haut responsable rebelle, Mohammed Ali al-Houthi, qui préside un "Comité révolutionnaire", a participé à la cérémonie qui s'est transformée en manifestation. Il a dénoncé un "crime de l'Amérique et de ses alliés contre les enfants du Yémen".

La chaîne de télévision rebelle n'a pas précisé le nombre de victimes enterrées lundi. Certaines familles ont déjà inhumé leurs proches, selon des habitants.

- "Sale guerre" -

Le ministre d'Etat émirati aux Affaires étrangères, dont le pays est un pilier de la coalition intervenant au Yémen sous commandement saoudien, a admis lundi que des bavures pouvaient se produire lors d'opérations militaires.

"Cette guerre a été et reste une sale guerre" où des civils sont bombardés et tués, a déclaré Anwar Gargash lors d'une conférence de presse à Dubaï.

"Malheureusement, cela fait partie de n'importe quelle confrontation" et "la guerre ne peut pas être une opération propre", a-t-il dit, en "acceptant que la coalition soit critiquée", comme "toutes les parties".

Pour le raid de jeudi, les rebelles ont donné un bilan plus élevé, faisant état de 51 tués, dont 40 enfants, et de 79 blessés, dont 56 enfants.

La coalition qui intervient au Yémen contre les Houthis a annoncé vendredi l'ouverture d'une enquête, évoquant des "dommages collatéraux subis par un bus de passagers" à l'occasion d'une opération de ses forces.

Plus tard, le Conseil de sécurité de l'ONU avait appelé à une enquête "crédible", sans toutefois exiger une enquête indépendante.

Réagissant à d'autres appels pour une enquête indépendante, le ministre émirati a jugé que dans divers conflits, de nombreuses parties n'avaient pas autorisé de telles investigations dans des zones de guerre.

La coalition a été accusée d'avoir commis de nombreuses bavures contre des civils. Elle a admis sa responsabilité dans certains raids mais elle accuse régulièrement les Houthis de se mêler aux civils ou de les utiliser comme boucliers humains.

La guerre au Yémen a fait plus de 10.000 morts depuis l'intervention de la coalition sous commandement saoudien en mars 2015 et elle a provoqué "la pire crise humanitaire" au monde, selon l'ONU.

Les rebelles sont soutenus par l'Iran mais Téhéran conteste leur fournir un appui militaire.

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