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Une légende du cinéma nous a quittés: Jean-Paul Belmondo est mort à l'âge de 88 ans

 
 

Avec plus de 80 films en soixante ans de carrière, Jean-Paul Belmondo était l’un des acteurs les plus populaires du cinéma français.

Un monstre sacré du cinéma français nous a quittés. Jean-Paul Belmondo s'est éteint à l'âge de 88 ans lundi à la mi-journée. Acteur, producteur, directeur de théâtre, il avait joué avec panache une multitude de personnages au cours de sa carrière, tant dans des films populaires que d’art et essai. Celui qui était l'une des dernières grandes vedettes populaires de sa génération, avec Alain Delon ou Brigitte Bardot, peut-être encore plus fédérateur, avait quasiment disparu des écrans après un accident vasculaire en 2001.

"Il était très fatigué depuis quelque temps. Il s'est éteint tranquillement"
, a précisé ce lundi son avocat, Me Michel Godest. L'acteur de légende a tourné dans 80 films et laisse derrière lui des rôles inoubliables: jeune premier dans "A bout de souffle" ou encore pendu à un hélicoptère au-dessus de Venise dans "L'homme de Rio".

Paul Belmondo est né à Neuilly-sur-Seine le 9 avril 1933. Adolescent il se montre plus intéressé par le sport que par l’école, avec un goût prononcé pour la boxe, qu’il a longtemps pratiquée. C'est en assistant à une représentation des "Femmes savantes" de Molière à la comédie française que lui est venue la vocation pour le métier de comédien. Il commence à jouer dès 1950 et prépare chez Raymond Girard l’entrée au Conservatoire, où il est admis en octobre 1952. Il y constitue une bande "à la vie, à la mort" avec ses copains Jean Rochefort, Claude Rich, Bruno Crémer et Jean-Pierre Marielle. Il en sort en 1957 et débute le cinéma par des petit rôles, préférant le théâtre.

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Le film qui le propulsera au rang de star s'intitule "A bout de souffle" de Godard en 1960. Il y tient le premier rôle aux côtés de Jean Seberg. "A bout de souffle" restera un film phare du mouvement de la Nouvelle vague. Lui au départ si réticent vis-à-vis du septième art devient vite une vedette. Et, avec Alain Delon, l'un des deux monstres sacrés du cinéma français.

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Roi de la cascade


Mélange de titi parisien à la Gabin --le héros de "Quai des Brumes" l'adoube d'ailleurs sur le tournage d'"Un singe en hiver": "Môme, t'es mes 20 ans !"--, de pitre à la Fernandel et de jeune premier à la Gérard Philipe... il enchaîne les succès.

Acteur emblématique de la Nouvelle Vague ("Moderato Cantabile", "Pierrot le fou"), il se tourne vite vers les comédies et les aventures rocambolesques où il enlace les plus belles actrices, de Catherine Deneuve à Sophia Loren en passant par Claudia Cardinale et Françoise Dorléac. Certaines deviennent ses compagnes à la ville, comme Ursula Andress et Laura Antonelli.

Passionné de boxe --gamin, il rêve d'égaler Marcel Cerdan--, il privilégie ensuite les rôles très "physiques" avec moult cascades, sans doublure, et coups de poing. C'est la période des superflics, des macho bagarreurs et des truands: "Borsalino", "Le Magnifique", "Flic ou voyou", "Le Professionnel" ou encore "L'As des as".

"On a fini par me coller une étiquette" de cascadeur alors que "moi, ce que j'ai eu envie de faire, dans ma carrière, c'est de naviguer entre Malle, Godard, Melville et des gens comme Verneuil, Deray, Lautner", confiait-t-il.

Et "si je n'exécute pas de pirouette, on m'en veut, on m'étrille", plaisante-t-il en 2016 dans un livre de souvenirs. Comme dans "La Sirène du Mississipi" de Truffaut (1969) où il est un amoureux transi. >- Le "polar de trop" -

Pendant plus de vingt ans, 48 de ses films dépassent chacun le million d'entrées... Jusqu'au "Solitaire" en 1987, son premier gros échec commercial. "Le polar de trop. J'en avais marre et le public aussi".

Il rebondit avec le personnage truculent de Sam Lion dans "Itinéraire d'un enfant gâté" de Claude Lelouch (1988). L'un de ses plus grands rôles, avec à la clef le César du meilleur acteur. Trophée qu'il ne va pas chercher. Il revient à ses premières amours: il remonte sur les planches avec "Kean" et "Cyrano" et devient propriétaire du Théâtre des Variétés.

Mais à partir de 2001, un accident vasculaire cérébral qui l'a fortement handicapé l'écarte des studios. Hormis un bref retour dans "Un homme et son chien" (2008) de Francis Huster. L'histoire d'un vieillard que la société rejette.

Le visage buriné et éternellement bronzé, "Bébel" alimente alors davantage la rubrique people. Après son divorce avec Natty, il défraie la chronique avec sa nouvelle conquête, une sulfureuse ex-mannequin belge, dont il se sépare en 2012.

Récompensé d'une Palme d'honneur à Cannes en 2011, d'un Lion d'or à Venise en 2016, il est à l'honneur des César 2017 où il est longuement ovationné. Canne à la main, "Bébel" ravit une nouvelle fois le public en plaisantant sur sa "sale gueule".

L'éternel séducteur est père de quatre enfants: Patricia (décédée), Florence, Paul et Stella, la petite dernière qu'il a eue à 70 ans.


 




 

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