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Grève du TEC dans le Brabant wallon: aucun bus ne circule ce mercredi

Grève du TEC dans le Brabant wallon: aucun bus ne circule ce mercredi
(c) Belga
 
 

"Apparemment, grève sauvage des bus TEC dans le Brabant wallon", nous écrit Sylvie. "Tout le TEC Brabant wallon est en grève", indique Fabrice. "Mouvement de grève sauvage au dépôt TEC de Baulers. Nous sommes à l’arrêt de la gare de Nivelles depuis 1 heure sans info", déplore Baptiste. Vous êtes nombreux à avoir pressé le bouton orange Alertez-nous pour nous signaler une grève des TEC dans le Brabant wallon ce mercredi matin. Un événement rare dans cette province qualifiée d’"exemplaire". Informations prises, les trois dépôts sont aujourd’hui à l’arrêt, nous confirme la secrétaire permanente CGSLB, Barbara Leduc. Aucun bus ne circule sur l’ensemble de la province.

En cause ? Les chauffeurs "n’en peuvent plus" des conditions dans lesquelles ils doivent travailler. "Cela s’est décidé hier, nous indique Barbara Leduc. Et ils ne sont pas près de recommencer." Des sièges qui bougent, des chauffages en panne alors que nous sommes en hiver, des pièces qui se détachent… Les chauffeurs pointent du doigt des problèmes de confort mais surtout de sécurité.

Entreprendre cette grève était, pour eux, la seule manière de "se faire entendre et se faire respecter" par la direction. "Il y a des problèmes mécaniques, techniques, de matériel… L’autre jour encore, un bus a perdu une pièce. Ils ont dit ‘c’est fini’, ils n’essayent plus ", poursuit la secrétaire permanente CGSLB. "Un directeur technique prend les chauffeurs pour des moins que rien. Il a dit qu’il n’en avait rien à foutre de nous", confie des chauffages de bus dans le Brabant wallon, choqués par de tels propos.

Les chauffeurs se demandent ce qu’attend la direction ? Qu’il y ait un accident grave ?

Ceux-ci reprochent également à la direction de ne pas les écouter, de ne pas prendre en compte leurs remarques. "Il existe un système de bons de réparation que les chauffeurs remplissent tous les jours pour signaler un souci, une réparation à faire… Les bons disparaissent et ne sont pas faits. Les chauffeurs se demandent ce qu’attend la direction ? Qu’il y ait un accident grave ?", souligne la secrétaire CGSLB. "On est un service public, on est supposé avoir des véhicules numéro un, en état parfait. Et ce n’est pas toujours le cas. Il y a des véhicules qui tombent littéralement en ruine. L’état du parc se détériore", insiste un chauffage au dépôt de Baulers (Nivelles).

Les chauffeurs de bus souhaitent aujourd’hui que la direction vienne constater par elle-même la situation dans les dépôts et ainsi faire "un état des lieux des choses qui ne vont pas". C’est pourquoi trois délégations seront présentes durant toute la journée dans chaque dépôt du Brabant wallon : à Jodoigne, à Chastre et à Baulers. "Tant que la direction n’ira pas dans les dépôts, ils ne reprendront pas la route", avertit Barbara Leduc. "Ils veulent dialoguer", ajoute-t-elle.

Plus d'agressivité et d'incivilités qu'avant

Autre point d’attention, l’augmentation des incivilités et des agressions envers les chauffeurs. Là aussi, la situation "devient dramatique", estime un chauffage qui préfère garder l’anonymat. "On parle d’insultes, de personnes agressives… La conduite agressive de la part d’autres usagers de la route, c’est tous les jours, toutes les 10 minutes. Les gens sont à cran et les passagers, c’est pareil. Ils prennent les transports en commun, ils doivent porter le masque, c’est comma ça. La majorité des gens entre dans le bus avec leur masque puis ils s’asseyent au fond du bus et l’enlève", regrette notre interlocuteur.

Le TEC Brabant wallon rencontre aussi des problèmes d’effectifs. Le manque de personnel à tous les niveaux – chauffeurs, mécaniciens, préparateurs… – se répercute directement sur le moral des chauffeurs et créé beaucoup de pression au boulot. "On manque beaucoup de chauffeurs et cela fait longtemps, ça remonte à plus ou moins 2 ans mais le recrutement tarde à se faire car notre métier n’est pas valorisé et revalorisé. Malgré notre bonne volonté pour effectuer des remplacements quand c’est possible, on ne peut pas faire ça éternellement. La fatigue est aussi un facteur important pour la sécurité", s’exprime le chauffeur.

Le message est aujourd’hui très clair : "Il faut que ça change !" Le personnel du TEC attend une réaction de la direction du Brabant wallon. "Pour nous, la priorité, c’est la remise en état des véhicules pour avoir tout le confort nécessaire, aussi bien pour les chauffeurs que la clientèle. Et qu’on accélère aussi un peu le recrutement du personnel. C’est urgent, surtout au niveau des chauffeurs", conclut ceux qui sont en grève ce mercredi.

A l’heure d’écrire ces quelques lignes, nous n’avons pas encore reçu de réaction de la part de la direction malgré notre appel.


 

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