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22 ans plus tard, les travailleurs des Forges de Clabecq n'ont toujours pas touché leurs indemnités

1800 anciens travailleurs des forges de Clabecq n'ont toujours pas touché leurs indemnités de licenciement. 22 ans après la fermeture de l'entreprise, ils poursuivent leur combat judiciaire pour récupérer leur dû. Il reste de l'argent à répartir. Mais pour le moment la justice estime que l'Etat est prioritaire pour le recevoir. Une réunion d'information était organisée ce matin, à deux semaines d'une nouvelle audience judiciaire.

Attentifs et concentrés, ces anciens travailleurs attendent. Depuis 22 ans et la faillite des Forges de Clabecq, ils n’ont perçu que 47 % des indemnités promises.

"Il y a des gens qui ont été mis dans l’embarras et qui n’ont pas pu se payer bêtement un dentiste, payer le minerval d’un enfant qui devait aller à l’école… C’était à ce point-là", confie Michel Walravens, un ancien travailleur des Forges de Clabecq.

18 millions d’euros ont été bloqués sur un compte. Mais dans le litige entre l’Etat et les curateurs, c’est l’Etat qui l’avait emporté en 2018.


"Plus d’appui des syndicats"

Depuis, 1800 travailleurs sont défendus depuis quatre ans par une délégation d’anciens qui tente de leur redonner espoir mais sans succès.

"On n’a plus d’appui du syndicat. On a envoyé des recommandés aux différents responsables des syndicats nationaux. On n’a pas reçu de réponse", fustige Félix Daniel, un ancien travailleur des forges de Clabecq. "Tout le monde est de bonne volonté pour nous aider, mais il y a un blocage politique qui estime que c’est le tribunal qui doit trancher."

Une assemblée et des retrouvailles pour ces mains qui ont travaillé l’acier dans un fleuron de la sidérurgie wallonne où le combat syndical était intense. "Nous avions quelques personnalités dans l’entreprise", raconte Luc Fournil, un ancien travailleur.


"Le combat risque de s’arrêter"

Depuis l’affaire traîne en justice, et pourtant il y a urgence. "Cela peut encore durer 4-5 ans, mais on espère que ça ne va pas prendre autant de temps parce que le combat risque de s’arrêter, faute de combattants", estime Michel Walravens.

Le 9 mai prochain, ces travailleurs sauront s’ils peuvent un jour toucher le solde de leurs indemnités de licenciement. D'après leur calcul, le solde d'indemnités toujours impayé 22 ans après la faillite concerne 1.374 ouvriers, 316 employés et 80 cadres.

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