"Je n'osais même plus aller à l'école": pour lutter contre le harcèlement et le racket, des policiers bruxellois expérimentent une méthode

La zone de police de Bruxelles-Nord se mobilise contre le harcèlement et le racket dans les écoles. Plusieurs agents parrainent des élèves pour tenter de lutter contre ce phénomène. Il s'agit d'un moyen d'aider ces jeunes à surmonter des expériences souvent traumatisantes. Benjamin Samyn et Emmanuel Tallarico sont allés à leur rencontre pour le RTL info 13h.

Ils s'appellent Cyril, Béatrice, Malone et Inès… Tous ces élèves ont connu, à un moment de leur scolarité, le harcèlement ou le racket. Ils parviennent aujourd'hui à expliquer comment ce passage difficile est arrivé.

"Les autres se moquaient de moi. Ils m'avaient mis sur un mur et ils m'avaient mis du feutre sur la tête. Ils m'avaient dit que je n'avais rien à faire dans cette école", raconte Cyril.

"Une fille me frappait tout le temps, explique Béatrice. Elle me disait que je ne devais pas le dire, et moi, je ne le disais jamais. Je le disais juste à mes parents."

"Ils ont commencé à me tirer dessus avec les balles, et vraiment assez fort, parce que j'étais gardien. Et à mon avis, ils le faisaient vraiment exprès. Donc, j'en ai parlé un peu au coach. Et il leur a parlé et ça s'est vite arrêté", témoigne ensuite Malone.


Du théâtre pour en parler

Parler… C'est souvent cela qui brise le cercle du harcèlement. Cette réalité a été montrée par le théâtre à des classes de sixième primaire. Des scènes de harcèlement et de racket rappellent de mauvais souvenirs à certains élèves.

"Je n'osais même plus aller à l'école, confirme Inès. Je voulais rester chez ma grand-mère".


Des policiers parrains

Denis Gobert, inspecteur de police dans la zone Bruxelles-Nord, est le parrain d'une classe de sixième primaire. Ces élèves sont aujourd'hui les plus grands, mais ils seront les plus petits l'année prochaine.

"Nous les policiers, on est là pour eux, on est là pour les entendre, et surtout pour les guider. À défaut d'agir directement, tout au moins pour les guider pour trouver et identifier la personne la plus adéquate pour les aider dans leur environnement direct."

Ni la justice, ni la Fédération Wallonie-Bruxelles ne disposent de chiffres concrets par rapport au racket qualifié aux yeux de la loi d'"extorsion". Les dossiers sont traités au cas par cas.

"C'est une gravité que sera toujours judiciarisée, où le juge de la jeunesse sera saisi, par exemple pour une demande de placement en IPPJ, explique Denis Goeman, substitut du procureur du roi de Bruxelles. Pour des faits, je dirais 'mineurs', le parquet attend de voir la réaction de l'école, de voir comment c'est traité en interne."

À partir de 13 ans, les enfants ont théoriquement accès aux réseaux sociaux comme Facebook, ce qui multiplie au moins pas 10 leurs contacts, et les risques relationnels qui en découlent, et qui continuent même après les horaires d'école.

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