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"Tous des macaques": 2 policières ont insulté des riverains à Anderlecht, la police de Bruxelles Midi va les poursuivre

 
 

Des images, qui datent de 2018, viennent de faire surface. Tournée en selfie, la vidéo montre deux policières en patrouille, de jour, à Anderlecht. On les entend commenter la population. "Magnifique, tous des macaques", dit l'une des policières dans cette vidéo de 2 minutes.

Les deux jeunes policières, avec une musique au volume poussée à fond dans la voiture de patrouille, sur un ton moqueur, insultent les passants tout en plaisantant entre elles. "Bande de grosse tapettes", poursuit la conductrice. Sa vitre est abaissée en partie: des riverains ont peut-être entendu les policières.

“Douloureux. Car cela ne fait pas de bien à l’image de la police”, regrette Jurgen De Landsheer, chef de corps de la police zone Midi (Anderlecht, Saint-Gilles et Forest), dans les colonnes du quotidien néerlandophone Het Laatste Nieuws ce jeudi.

Les policières ont été sanctionnées au moment des faits. Rétrogradation de salaire, c'est juste avant le licenciement. Le chef de corps de l'époque craignait les répercussions d'une telle vidéo sur les rapports souvent tendus entre la police et certains habitants d'Anderlecht, commune de la région bruxelloise.

Mais l'une des policières a contesté la sanction, et obtenu gain de cause devant le Conseil d'Etat, selon HLN. Son argumentaire n'a pas convaincu l'instance juridique, mais il y a vice de procédure qui lui a donné gain de cause: elle a été notifiée de sa sanction... trois jours après la date légale (le droit disciplinaire s'inscrit dans des délais relativement stricts).

Elle a donc récupéré son salaire, et pourrait même toucher une belle somme si la police doit lui verser ce qu'elle a perdu depuis plus de deux ans.

D'après Het Laatste Nieuws, le parquet de Bruxelles, qui avait été averti des faits, aurait également pu ouvrir une enquête: l'incitation au racisme est un délit punissable. Mais le dossier a été classé.

Ennuyé, le chef de corps plaide pour une réforme des procédures disciplinaires, et pour un licenciement immédiat.

Des poursuites proposées pour l'image de la police

A l'issue d'une réunion avec le chef de corps de Bruxelles-Midi (Anderlecht, Saint-Gilles et Forest) Jurgen De Landsheer, le bourgmestre d'Anderlecht Fabrice Cumps a annoncé jeudi en fin d'après-midi qu'il sera proposé au Collège de police, lors de sa prochaine réunion, de se constituer partie civile pour dégradation de l'image de la zone dans le dossier des propos racistes tenus en 2018 par deux policières.

"On avait déjà abordé en Collège de police la partie administrative du dossier quand on a eu connaissance de la décision du Conseil d'Etat la semaine dernière d'annuler les sanctions prises il y a deux ans", commente Fabrice Cumps. "Aujourd'hui, la publication de cette vidéo suscite de l'émotion et il fallait que je rencontre le chef de corps pour voir comment réagir à cette émotion. De plus, je ne le cache pas, que la vidéo finisse maintenant par circuler sur les réseaux sociaux sans forcément la mise en contexte, rappelant que les événements ont eu lieu il y a deux ans et ont été sanctionnés, il y a quand même une crainte de voir de l'énervement dans les rues."

Le bourgmestre a exprimé son "dégoût" par rapport aux propos racistes et homophobes tenus. "Ils mettent en plus en péril tout le travail difficile actuel pour essayer de retisser du lien entre les policiers et les citoyens. Cela vient jeter du discrédit sur ceux qui travaillent de bonne foi sur le terrain au quotidien." Les deux policières se filmaient alors qu'elles étaient en patrouille en octobre 2018 dans les rues d'Anderlecht avec de la musique à haut volume dans la voiture. La passagère a notamment proféré "macaques", "tapettes" et "ça pue ici", tandis que la conductrice rigolait. La police de Bruxelles-Midi a condamné par communiqué ces "propos extrêmement choquants" et cette "attitude indigne et en total désaccord avec le métier de policier". Elle rappelle que le Collège de police avait, à l'époque des faits, imposé aux deux policières une suspension immédiate et une sanction lourde composée d'une procédure disciplinaire et d'un procès-verbal judiciaire.




 

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