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La vitrine de Danny, un coiffeur, vandalisée à Bruxelles après avoir installé un drapeau arc-en-ciel: est-ce un acte homophobe?

La vitrine de Danny, un coiffeur, vandalisée à Bruxelles après avoir installé un drapeau arc-en-ciel: est-ce un acte homophobe?
 
 

Un coiffeur bien connu à Haren, qui fait partie de Bruxelles-Ville, a été victime d'un acte de vandalisme le weekend dernier. Un individu a lancé un pavé dans la vitrine de son salon. Quelques jours plus tôt, Danny avait installé un drapeau arc-en-ciel suite au meurtre présumé homophobe à Beveren. La police a ouvert une enquête. Et le bourgmestre prévoit de le rencontrer.

"Un coiffeur de Haren a reçu samedi soir un pavé dans sa vitrine, après avoir mis un drapeau LGBT (NDLR: Lesbiennes Gays Bisexuels Transgenres) à sa façade. Je trouve ça choquant", a témoigné Roger via notre bouton orange Alertez-nous. C’est en promenant son chien que ce Bruxellois de 59 ans a découvert le résultat de cet acte de vandalisme.

"J’habite dans la rue parallèle. Je trouve cela tellement ridicule et étonnant. C’est un quartier très calme avec très peu de délinquance", assure ce père de 5 enfants.

Il a pris également en photo le message bilingue laissé par le coiffeur: "Parce que nous avions mis un drapeau arc-en-ciel en soutien à l’affaire du meurtre de Beveren, une brique a été jetée à travers la fenêtre du salon de coiffure la nuit de samedi. L’intolérance et l’homophobie sont très proches, même dans le petit village de Haren, près de Bruxelles. Une évolution triste et inquiétante".


Pour obtenir des précisions sur cet acte de vandalisme, nous avons contacté ce coiffeur installé à cet endroit depuis 35 ans. "C’est une cliente qui m’a prévenu en me disant qu’il y avait un trou dans ma vitrine. Quelques jours avant, j’avais mis un drapeau arc-en-ciel en soutien avec la communauté LGBT suite au meurtre à Beveren", explique Danny.

Début mars, David, un habitant de Saint-Nicolas âgé de 42 ans, a été tué dans un parc de Beveren. Il avait été attiré par trois jeunes via une application de rencontres. Ces mineurs d’âge se sont rendus à la police après les faits. Ils sont actuellement maintenus en centre fermé. Une enquête judiciaire doit faire la lumière sur le mobile homophobe ou non de l’assassinat.

Je n’aurais jamais pensé qu’un tel acte puisse se produire dans ce quartier 

Alors que Danny prône la tolérance face à un acte aussi violent, il a été lui-même victime de malveillance. "Une telle intolérance, c’est choquant. Je n’aurais jamais pensé qu’un tel acte puisse se produire dans ce quartier où tout le monde me connait. J’ai vraiment été surpris. J’habite avec mon copain depuis 17 ans. Je n’ai jamais eu de soucis", confie le coiffeur.

Visiblement apprécié dans le quartier, Danny tient à souligner les marques de sympathie des habitants. "Même le centre culturel a déployé un drapeau arc-en-ciel pour me soutenir", confie-t-il.

Une enquête policière est en cours

Selon Danny, les faits se sont produits dans la nuit de samedi à dimanche. "J’ai tout de suite contacté la police et j’ai porté plainte", précise-t-il.

"Nous nous sommes rendus sur place le jour même. Une enquête est en cours. Il faut notamment déterminer si cet acte est à caractère homophobe ou non", confirme la commissaire Ilse Van de Keere, porte-parole de la police de Bruxelles-Ville, sans donner plus de précisions.

Danny a même déjà eu des contacts avec le bourgmestre à ce sujet. "Nous prévoyons une rencontre la semaine prochaine. Pour nous, un tel acte de vandalisme est intolérable et nous allons voir comment nous pouvons apporter notre aide à ce coiffeur", confirme la porte-parole de Philippe Close.  

Pendant quelques jours, les dégâts seront encore visibles. La vitrine est toujours endommagée. "Comme c’est du double vitrage, je dois attendre deux semaines avant de pouvoir réparer ma vitre. En attendant, il y a une simple vitre qui a été placée avec de l’adhésif", indique Danny qui reste marqué et troublé par cet incident.   




 

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