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Décharge à ciel ouvert à Bruxelles: des bandes organisées ?

 
 

A Haren, une décharge à ciel ouvert mine le moral des riverains. Le terrain concerné appartient à la SNCB Holding: "Il s'agit d'un réseau organisé, estime Louis Maraite, porte-parole, des personnes se font payer pour débarrasser les entreprises ou particuliers de leurs déchets avant de les abandonner dans la nature".

Les habitants d'Haren dénoncent un dépôt clandestin, situé rue Pré aux Oies, sur un terrain innoccupé. Les photos, envoyées par notre internaute Philippe via notre page Alertez-nous, montrent un amas de briques, pierrailles, matelas, meubles, bidons de peinture, plaques ondulées en asbeste (contenant de l'amiante), bidets, WC, etc. "Il y a quelques jours j'ai surpris des fraudeurs en flagrant délit. Vers midi, ils déchargeaient leurs déchets d'une camionnette au vu et au su de tous, sans gêne", nous explique Philippe, joint par téléphone.



La SNCB Holding est responsable de ce terrain dont elle est propriétaire

Ce terrain, situé le long des voies de chemins de fer, appartient à la SNCB Holding qui est donc responsable de son entretien. "Ce lieu a affectivement été transformé en décharge sauvage par des bandes organisées, affirme Louis Maraite, responsable presse de la SNCB Holding. On constate clairement que ce sont des camions entiers de déchets qui sont déversés. Nous allons financer Bruxelles propreté qui va nettoyer le site incessamment. Ensuite, au printemps, lorsque les conditions météorologiques le permettront, nous creuserons un fossé pour empêcher les véhicules lourds d'accéder à ce terrain. En tout, 23.000€ seront dépensés pour empêcher les auteurs de récidiver".



Il y a bien de l'amiante

"Il y a bien des palettes entières de tôles ondulées contenant de l'amiante, a confirmé Louis Maraite. Ce sont des déchets classés potentiellement dangereux, mais l'amiante n'étant pas en poussière, elle ne représente pour l'instant aucun risque pour la santé". En réalité, le problème n'est pas neuf. L'an dernier, les agents communaux de Bruxelles-ville ont déjà vidé ce terrain à plusieurs reprises: "Cette fois-ci on ne va pas intervenir parce qu'il est temps que la SNCB prenne ses responsabilités, indique Karine Lalieux, échevine de la Propreté Publique de la Ville de Bruxelles. A chaque fois, c'est la commune qui paie pour le traitement de ces déchets".


           
Qu'est-ce qui explique ce geste?

Selon certains habitants, les montants à débourser à la déchetterie sont trop élevés, ce qui inciterait à la fraude. A titre d'exemple, le sac de briquaillons coûte 3.03 € pour un maximum de 20 kg. "Je peux comprendre cette réflexion, estime Karine Lalieux. Les heures d'ouverture des déchetteries, qui sont gérées par la Région bruxelloise, ont été élargies, mais il faut encore faire un effort sur le prix".

Rachid Madrane, secrétaire d'Etat à la Région de Bruxelles-Capitale en charge de l'Urbanisme et de la Propreté publique n'est pas d'accord. "Je ne pense pas que le prix soit décourageant. De plus, le traitement des déchets a un coût qu'il faut bien amortir. En revanche, nos deux décisions sont d'augmenter le nombre de déchetterie régionales à Bruxelles et de réprimer plus durement les dépôts clandestins, notamment grâce à nos opérations coup de poing en coopération avec la police et les agents environnementaux".



Un réseau organisé

Mais selon Louis Maraite, le problème n'est pas là. Il s'agit bel et bien d'un réseau organisé destiné à produire de l'argent grâce à une sorte de "trafic" de déchets. "La police de l'environnement est sur place depuis un mois et a déjà arrêté trois personnes en flagrant délit. Il s'agissait de "petits délinquants" venus des pays de l'Est: nous n'avons pas encore intercepté le gros poisson, soit l'important camion qui est déchargé ici. Ces hommes se font payer pour débarrasser des entreprises de leurs déchets, mais ils ne vont pas porter les immondices en déchetterie comme promis et les déposent dans la nature pour éviter les taxes et ainsi amasser un maximum d'argent", a encore précisé le porte-parole de la SNCB Holding.

Justine Sow

> VOS REACTIONS SUR NOTRE PAGE FACEBOOK: "ENFIN, on fait un peu parler d'Haren... Parce que personne ne connait cette commune de Bruxelles bien trop délaissée" (Manon)




 

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