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Soirée agitée devant le consulat de Turquie à Bruxelles après une agression: pro et anti-Erdogan se sont affrontés en pleine rue

 
 

Des incidents ont éclaté hier soir devant l'ambassade de Turquie à Bruxelles, dans le cadre du référendum auquel la communauté turque est conviée, pour étendre les pouvoirs du président Recep Tayyip Erdogan. Cinq personnes ont été blessées, et quatre arrêtées. Un reportage de François Genette, Bruno Spaak et Elisabeth Wouters.

En début de soirée, peu après 21h, la tension était vive entre militants pro et anti-Erdogan dans la rue Montoyer, devant le consulat turc. Une auto-pompe de la police a été envoyée sur place et la police anti-émeute a séparé les groupes, matraques et boucliers à la main. Deux attroupements se sont ensuite formés de chaque côté de la rue. Les pro-Erdogan du côté du consulat turc, les anti-Erdogan de l'autre côté de la chaussée. "Entre 150 et 200 personnes se sont massées devant l'ambassade de Turquie, la police est intervenue pour les séparer et être sûre qu'il n'y ait aucun incident" a déclaré Pierre Geerinckx, le porte-parole du parquet de Bruxelles.


Une altercation dans l'après-midi

L'origine de ces tensions vient d'une altercation entre pro et anti-Erdogan vers 16h. Alors que de nombreux ressortissants turcs votent à l'ambassade, dans le cadre du référendum sur les tensions du pouvoir du président turc, la situation dégénère : des couteaux et une barre de fer sont sortis, et plusieurs coups sont échangés. D'après des témoins, des militants pro-Erdogan auraient attaqué au couteau trois militants pro-kurdes, dont une femme bien connue de la communauté kurde de Bruxelles. "Cinq protagonistes sont blessés et ont été emmenés à l'hôpital, quatre ont déjà pu ressortir, et un des protagonistes est toujours hospitalisé" a-t-il précisé Pierre Geerinckx.


Le premier ministre condamne les altercations

L'ambassade turque a réagi avec un communiqué. Elle regrette ces affrontements survenus alors que selon elle les votes s'étaient déroulés jusque là paisiblement. Le premier ministre Charles Michel a quant à lui condamné vivement ces altercations sur Twitter : "Le gouvernement prône la tolérance zéro pour les débordements en lien avec le référendum turc. Je condamne fermement les violences devant l'ambassade".


Un référendum sur les pouvoirs de Recep Erdogan


Ces événements sont survenus alors que les Turcs sont appelés à voter le 16 avril lors d'un référendum sur une révision constitutionnelle qui renforcerait considérablement les pouvoirs du président de la République. Les ressortissants turcs ont la possibilité de voter pour ce référendum au consulat de Bruxelles depuis le 27 mars jusqu'au 9 avril.

En tout, quatre personnes ont été privées de liberté. Elles risquent entre deux mois et deux ans de prison, une peine qui pourrait être encore plus lourde si le caractère politique de ces affrontements était confirmé.




 

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