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Nous avons suivi un convoi de manifestants français qui se dirigent vers Bruxelles: "Dans chaque ville, on a été accueilli"

 
 

Vers 19h10 ce dimanche, notre équipe se trouvait avec un groupe de manifestants arrêtés sur un parking à Faches-Thumesnil, en périphérie de Lille. Le mouvement des convois qui s'autoproclament "de la liberté" s'est surtout développé sur les réseaux sociaux. Les actions s'organisent principalement via les messageries chiffrées ou par talkie-walkie.

En soirée ce dimanche, les voitures et camping-cars arrivaient encore petit à petit sur le parking près de Lille. Il était encore difficile de déterminer combien de participants allaient atteindre la capitale belge lundi pour manifester leur mécontentement devant les institutions européennes.

Ces manifestants, notre équipe les ont suivis. Voici le récit de la journée de voyage ce dimanche.

Départ de Paris ce dimanche matin

Après avoir manifesté à Paris, le cortège a pris la direction du nord de la France ce dimanche matin. Notre équipe se trouvait avec un groupe à Villepinte, en périphérie de Paris. Le convoi est pressé de prendre la route, de crainte d'être bloqué par la police.

Soudainement, une organisatrice prend la parole et invite tout le monde à rejoindre les véhicules. "Camping cars devant! À Fontainebleau ils empêchent de partir, donc il faut vite monter dans les voitures pour que ça ne nous arrive pas", lance-t-elle à haute voix.

Les participants aux convois autoproclamés "de la liberté" remballent rapidement leurs affaires et allument leurs moteurs, déterminés à rejoindre Bruxelles.

Le convoi s'élance, et parfois se disloque. Mais sur les aires de repos le long du parcours, la solidarité est toujours au rendez-vous. "Ça fait chaud au cœur, et on l'a eu tout au long du chemin depuis Marseille. Dans chaque ville où on s'est arrêté, on a été accueillis par des familles, par des gens, par tous… C'est extraordinaire", indique une dame.

Escale près de Lille en fin d'après-midi

En fin d'après-midi, des dizaines de voitures rejoignent le parking d'un centre commercial en périphérie de Lille. C'est le point de ravitaillement pour les convoyeurs.
Nous demandons à une dame si elle est toujours motivée pour aller jusqu'à Bruxelles. "Qui vous dit que je vais à Bruxelles. On est des amis, on se retrouve. C'est tout", répond-elle.

Pourtant, la capitale belge est bien la destination que les participants espèrent atteindre, et pour certains déjà ce soir. "C'est possible apparemment qu'il y ait déjà des points de ralliement prévus sur Bruxelles avec des gens qui nous attendent là-bas", nous confie une dame.

Bruxelles, symbole de l'Union européenne

Pour les manifestants que nous avons croisés, les institutions européennes installées à Bruxelles attirent la colère. "L'Europe nous grignote petit à petit, donc il faut aller se montrer là-bas", explique un homme. "L'objectif est de faire changer les lois, mais bon, on n'y arrivera sûrement pas parce qu'ils n'ont pas envie que ça change, mais il faut espérer", lance un autre depuis sa camionnette.

À Bruxelles comme à Paris, les manifestants savent qu'ils ne sont pas les bienvenus. Malgré tout, ils ne sont visiblement pas intimidés par les mesures d'interdiction dont ils font l'objet.


 

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