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Des migrants du parc Maximilien rackettés et violentés par des policiers? "Ils m’ont embarqué et m’ont largué dans la nature sans mes affaires"

 
 

Des migrants du parc Maximilien, à Bruxelles, dénoncent des réveils brutaux et des faits de racket commis par des policiers. Ces accusations sont remontées jusqu'à des bénévoles du groupe "Solidarité avec les réfugiés de la gare du Nord". Ilse Van de Keere, porte-parole de la zone de police de Bruxelles-Ixelles, affirme qu'une enquête judiciaire sera lancée sans délai et que le Comité P a été contacté. Fanny Dehaye et Pascal Noriega sont allés à la rencontre de migrants et de membres des associations pour le RTLinfo 19H.

Les témoignages sont très interpellants et l'affaire prise au sérieux par la police puisque le comité P va mener une enquête. Plusieurs candidats réfugiés affirment avoir été délestés de leur téléphone portable et de leur argent lors de contrôles de police aux abords du parc Maximilien à Bruxelles où ils passent leurs nuits. Certains migrants auraient ainsi perdu plusieurs centaines d'euros.


"Quand on nous a remis nos affaires, il manquait mon téléphone et mon argent"

C’est le cas de Saleh. Lundi, avec 16 autres migrants, il est arrêté par des policiers. "Au commissariat, quand on nous a remis nos affaires, il manquait mon téléphone et mon argent. J’ai demandé pour le récupérer, un policier en civil m’a dit de dégager, ils m’ont embarqué et m’ont largué dans la nature sans mes affaires", témoigne Saleh au micro de Fanny Dehaye pour le RTLinfo 19H.


"Je viens d’un pays en guerre, je veux juste avoir des nouvelles de ma famille avec ce téléphone"

Dans le cas de cet homme, ce serait le commissariat de Turnhout qui serait visé, mais la situation n’est pas exceptionnelle, d’autres commissariats seraient aussi responsables de racket, violence, réveils musclés à coups de pied envers les 450 occupants du parc Maximilien. "En général quand on a des contacts, ce ne sont pas des contacts très cordiaux puisqu’ils viennent pour nous demander de partir, ils mettent les sirènes etc. Mais on avait un accord plus ou moins tacite, tant qu’on ne mettait pas de tente, tant qu’on ne faisait pas trop de grabuge, il n’y a pas trop de soucis. Mais le problème ces derniers temps, c’est qu’il y a de plus en plus de réfugiés qui se sentent lésés", explique Nabil Moujahid, membre du collectif Solidarité avec les réfugiés de la Gare du Nord, face à la caméra de Pascal Noriega. "L’argent, ce n’est pas le plus important. Je viens d’un pays en guerre, je veux juste avoir des nouvelles de ma famille avec ce téléphone et même ça ils me l’enlèvent", ajoute Saleh.


"Il est clair que parfois ils laissent des objets, alors c’est repris par le service voirie de la Ville de Bruxelles"

De son côté, la police n’a pas connaissance de faits d’extorsion de la part de son personnel, elle a toutefois lancé une enquête judiciaire et averti le Comité P. "Il y a parfois des bagarres, il y a parfois le parc qui est laissé à l’abandon et on laisse beaucoup d’objet, donc avec la ville on y travaille. Chaque matin on y passe et on demande aux migrants de quitter les lieux. Il est clair que parfois ils laissent des objets, alors c’est repris par le service voirie de la Ville de Bruxelles, comme ça le parc est à nouveau propre", détaille Ilse Van De Keere, porte-parole de la zone de police Bruxelles-Capitale – Ixelles.

Un groupe d’avocats du barreau de Bruxelles a décidé de prendre les choses en main pour défendre ces migrants. Saleh, lui, se dit déjà prêt à témoigner.


 

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