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La responsable d'un bar d'Ixelles cité dans les cas d'agressions sexuelles s'exprime: "On a tous cette colère"

 
 

A Bruxelles, la tension ne faiblit pas après les accusations d'agressions sexuelles à l'encontre d'un employé de deux bars d'Ixelles. Plusieurs centaines de personnes ont manifesté jeudi dans la commune pour demander plus de moyens pour la lutte contre les violences sexuelles. Aujourd'hui, une responsable des bars cités témoigne.

Céline travaille dans l’établissement depuis 10 ans, elle est responsable des ressources humaines et membre de l’équipe de gestion du "El Café". "C'est l'incompréhension, on est effaré. On se demande ce qui nous tombe sur la tête", confie-t-elle. "On se sent responsable, parce qu'on se dit qu'on n'a peut-être pas mis toutes les choses en place qu'on pensait être déjà suffisantes, et que ça suffit pas. Donc c'est vrai que là on a une prise de conscience qu'il faut encore améliorer les choses".

 

Il y a sept jours, un cri de colère éclatait dans la rue. Le 14 octobre, 1.300 personnes ont participé à une manifestation à Ixelles.

Aujourd’hui, pour la première fois depuis le début de l’affaire, la direction des deux établissements touchés s’exprime devant notre caméra et partage les sentiments de révolte et l'émotion. "On la comprend et on la partage. On n'a jamais voulu cautionner quoi que ce soit. On est des femmes, on est des parents d'enfants. On a tous cette colère de pouvoir vivre de manière sereine, de proposer un milieu serein", explique Céline.

Serveuse au "El Café" depuis 3 ans, Camilla est elle aussi est très marquée. "Je suis étudiante, je sors, je bois, je suis une femme, je fais un mètre cinquante… je me sens menacée de tout ce qui est extérieur, des gens mal intentionnés, du milieu de la nuit qui est quand même assez particulier", nous dit-elle.

Le bar prend des mesures

Dans les prochains jours, plusieurs mesures vont être mise en place. Des couvercles sur les verres et un système de caméra derrière le bar. "On va mettre une télé qui va diffuser en direct des images des barmen qui sont dos au client, pour voir les préparations qu'ils font pour être sûr qu'il n'y ait rien. En plus ces images vont être enregistrées aussi, et seront à la disposition si besoin", précise Céline.

Des barmen pris à partie

Ce vendredi soir, aucun serveur dans le bar n’a souhaité être filmé pour des questions de sécurité. Plusieurs d’entre eux reçoivent aujourd’hui des menaces, sont victimes d’insultes et de crachats. Certains étudiants jobistes sont même pour le moment dispensés de cours. Une situation difficile et d’autant plus regrettable que tous dénoncent ce qu’il s’est passé.


 




 

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