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Les infirmières et infirmiers des services d'urgence et soins intensifs de l'hôpital Erasme en grève cet après-midi

 
 

Une grève a démarré ce midi dans l’un des plus gros hôpitaux du pays, l’hôpital Erasme à Bruxelles. Ce sont les infirmiers urgentistes qui ont décidé d’interrompre le travail. Le motif de cette grève n’est pas lié qu’au Covid, mais aussi à un manque de valorisation globale de la profession.

Le personnel des services d'urgence et les soins intensifs de l'hôpital Erasme est en grève ce lundi depuis 13h, et ce pour toute l'après-midi (pas d'heure de fin précisée). Un service minimum sera assuré. Les travailleurs de la santé dénoncent des conditions de travail difficiles qui prévalaient déjà bien avant la crise sanitaire. Le déconfinement et la baisse des indicateurs de l'épidémie ne changent donc pas la donne pour eux. Il n'y aurait pas assez de personnel et celui-ci serait épuisé. Des conventions collectives sont toujours en attente de signature par les fédérations patronales (conventions censées garantir l'amélioration des conditions de travail).

Manque de valorisation

Les infirmiers urgentistes de l’hôpital Erasme à Bruxelles dénoncent plus précisément un manque de valorisation globale du métier. Un nouveau système de rémunération devrait entrer en vigueur prochainement et est critiqué par certains qui affirment qu'ils vont perdre de l'argent.

Ils dénoncent aussi un manque de valorisation de la formation. Yves Mattens est infirmier et chef de service à l’hôpital Erasme, il dénonce un manque de reconnaissance: "Avec le nouveau mode de calcul qui entre en vigueur à partir du 1er juillet, notre crainte c’est qu’on n’attire plus les jeunes vers la profession de manière générale, mais surtout vers les spécialisations. Actuellement, le bachelier est d’une durée de 4 ans. L’année supplémentaire pour travailler par exemple aux soins intensifs ou aux urgences n’est pas reconnue. Alors que c’est un niveau master, donc on pourrait même le sanctionner d’un double bachelier. Donc, comment attirer les jeunes vers cette profession ? A partir d’un mouvement comme aujourd’hui, où on est le détonateur, ce qu’on veut mettre en avant, c’est la défense de la profession pour que demain le politique soit sensibilisé et que les jeunes puissent venir vers cette profession."

Les soignants insistent : le mouvement de grève dure toute la journée, mais les soins sont tout à fait prodigués. Les soignants ne voulaient absolument pas que les patients paient le prix de ce mouvement.

La CNE défend le nouveau système

Cependant, selon la CNE, le nouveau système de rémunération qui fait l'objet de cette grève en partie ne pénalise pas le personnel, c'est souvent même le contraire. Voici les explications d'Yves Hellendorff, le secrétaire national du syndicat pour le secteur du non marchand: "Depuis juillet 2010, il existe des primes pour les infirmiers(ères) disposant d’une "spécialisation" reconnue à cet effet. Dans les faits, cette prime correspondait à un avantage annuel très substantiel 3340€ (brut travailleur) pour les spécialisés en urgences, soins intensifs, SMUR."

Depuis plus de 20 ans, le secteur travaille à une nouvelle classification de fonctions (plus juste, basée sur la fonction plutôt que la formation), et à un nouveau modèle salarial (IFIC : +/- 6% d’augmentation salariale dans les hôpitaux en moyenne). Il s’agit des barèmes MINIMUM sectoriels. A côté de ces barèmes, certains hôpitaux, comme celui d'Erasme, ont développé des avantages "maison" complémentaires.

Une première phase d’implémentation a eu lieu en 2018 dans le secteur privé, mais elle ne concernait pas les bénéficiaires des primes. Dans le même temps, la Ministre De Block a supprimé l’accès aux primes pour les personnes qui obtenaient leurs titre ou qualification après octobre 2018 (toujours pour le secteur privé).

Au 01 juillet 2021, grâce au demi-milliard € de l’Accord social de 2020, le nouveau modèle salarial IFIC sera implémenté à 100%, ce qui amène un passage des infirmiers(ères) des soins intensifs et soins d’urgence du barème ancien (1.55-61-77) à la catégorie 15 IFIC, soit une augmentation en début de carrière de 6500 euros annuels et sur la carrière de 290 000 euros ; soit 3160 euros par an si on déduit la prime de 3349 euros d’Onkelinx , soit un gain de 161 000 euros sur la carrière.

Dans les faits :

- au premier juillet, toutes les personnes qui disposaient d’une prime pour titre ou qualification peuvent rentrer dans le nouveau modèle salarial. Mais par contre, si sa situation salariale est plus avantageuse, il peut rester dans son barème ancien + prime de spécialisation : AUCUNE PERTE SALARIALE ! Juste le fait que ce personnel a été revalorisé 10 ans avant les autres !

- les infirmiers(ères) nouvellement engagé(e)s ou ayant obtenu leur titre après octobre 2018 rentreront dans le nouveau barème et obtiendront une augmentation de 6500 euros par an.

- si des avantages maisons ont été octroyés dans le passé, la négociation syndicale locale doit veiller à maintenir ces avantages complémentaires."


 




 

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