En ce moment
 
 

Manifestation pour Ibrahima: 116 arrestations et 5 blessés dont 4 policiers

  • La manifestation en hommage à Ibrahima a dégénéré en émeute

  • Ibrahima: des manifestants mettent le feu à un commissariat

 
 
 

La police a procédé à 112 arrestations administratives, dont 30 visées des mineurs, et 4 arrestations judiciaires à la suite de la manifestation pour Ibrahima B., qui a rassemblé environ 500 personnes, mercredi dès 15h00, près du commissariat de la rue de Brabant à Saint-Josse-ten-Noode, a indiqué en soirée Audrey Dereymaeker, la porte-parole de la police de Bruxelles-Nord (Schaerbeek, Saint-Josse-ten-Noode et Evere). Elle ajoute qu'un manifestant a été pris en charge par les ambulanciers sur la place Liedts. De plus, quatre policiers ont été blessés et transportés à l'hôpital. Le calme a pu être rétabli vers 20h00.

La manifestation visait à dénoncer le décès d'un jeune de 23 ans, Ibrahima B., samedi soir dans le cadre d'une interpellation.

De nombreuses dégradations de mobilier urbain et des feux de poubelles ont été constatés à l'issue du rassemblement. Un début d'incendie a été maîtrisé à l'antenne de police située rue Brichaut, dont la vitre et la porte ont été endommagées. Il y a également eu un feu de poubelle contre la porte de garage d'un commissariat situé rue Nicolay. Au total, six véhicules de police ont été dégradés, dont deux au cours de la manifestation. Un tram et des abris bus ont de plus été dégradés sur la place Liedts. Une pharmacie a subi des dommages rue Gallait, de même que des commerces et véhicules stationnés dans les rues de Brabant et d'Aerschot. Une fenêtre et un container-poubelle ont été cassées à l'école maternelle et primaire Sint-Lukaas située rue Verte.

Les pompiers se sont déplacés à quatre reprises, à savoir pour les deux commissariats touchés ainsi que pour un container en feu rue de Brabant et pour un commerce en feu rue Rogier.

Vers 15h45, un groupe s'est dissocié de la manifestation en prenant le tunnel vers la gare du Nord et a été ramené sur le lieu de rassemblement par la police, qui a cadenassé la place. Sabri, un habitant du quartier a assisté à la scène. "On a vu un feu juste en bas de la rue. Il y avait une émeute. Quand une voiture de police est arrivée, ils ont commencé à la caillasser", raconte-t-il.

"Ça va au-delà de la logique des choses", témoigne un autre riverain. "Je ne suis pas pour cette casse. Quand il y a quelque chose, les gens doivent parler mais là c'est la colère qui ne peut plus rester à l'intérieur. Ça sort et ça casse", estime-t-il.

"Les émeutiers ne s'en tireront pas impunément"

Les organisateurs ont mis fin à la manifestation vers 17h00. Un groupe de 50 à 100 personnes est resté sur les lieux et a commencé à provoquer des incidents vers 17h30. La police a utilisé une autopompe. Au moins deux policiers ont été transportés à l'hôpital entre 18h00 et 18h30. Des heurts sont ensuite survenus place Liedts. Un manifestant a été transporté à l'hôpital. Des policiers ont sécurisé une voie pour le cortège du roi, qui passait par la place. L'autopompe a de nouveau été employée. Le calme était revenu sur la place à 19h30. 

La police a continué de poursuivre des personnes dans le quartier de la rue des Coteaux et du parc Josaphat. Elle a encore fait usage d'autopompes.

Ce jeudi, le parquet de Bruxelles indique l'arrestation judiciaire et la privation de liberté de "trois personnes (deux majeurs et un mineur) pour des faits d'incendie volontaire" visant le commissariat de police place Liedts. "Le labo et un expert incendie sont descendus sur les lieux, et les vêtements et les téléphones portables des suspects ont été saisis". Un mineur a également été mis à la disposition du parquet pour des faits de rébellion. Ce bilan est provisoire et reste susceptible d'évoluer, précise le parquet.

Le parquet de Bruxelles a demandé la désignation d'un juge d'instruction pour homicide involontaire dans le cadre de ce décès d'un jeune homme aux mains de la police.

Le ministre de la Justice, Vincent Van Quickenborne (Open Vld), a condamné dans la soirée les débordements. "Nous ne pouvons en aucun cas accepter ce qui s'est passé aujourd'hui à Schaerbeek. Des enquêtes sont en cours. Plus de 100 personnes ont été arrêtées. Les émeutiers ne s'en tireront pas impunément", a commenté dans la soirée le ministre sur Twitter alors que la police a procédé à plus d'une centaine d'arrestations.




 

Vos commentaires