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Manifestation près de l'ambassade de RD Congo: "Parce que Kabila veut se maintenir au pouvoir" (vidéo)

Quelque 300 personnes issues de la diaspora congolaise ont manifesté lundi après-midi à Bruxelles contre le président congolais Joseph Kabila, dont le mandat présidentiel devait s'achever le 19 décembre et qui ne semble pas vouloir quitter le pouvoir. La manifestation, qui s'est d'abord tenue dans le calme, a été émaillée d'incidents et trois personnes ont été arrêtées judiciairement, a précisé la police locale.

La manifestation a débuté vers 15h à la Porte de Namur à Ixelles avant que le cortège ne se rende rue Montoyer, devant l'ambassade de la République Démocratique du Congo. En chemin, quelques petits groupes de manifestants se sont écartés du trajet convenu mais ont été repoussés par la police. Arrivés aux abords de l'ambassade, certains manifestants ont tenté de forcer le barrage de police et ont jeté des pavés en direction des forces de l'ordre. Ces dernières ont riposté en utilisant des sprays lacrymogènes et le canon à eau. Une dizaine de manifestants ont été interpellés et trois personnes ont été arrêtées judiciairement. La manifestation s'est achevée vers 17h30 dans le calme.


"Le mandat de Kabila est fini et ce monsieur veut se maintenir au pouvoir"

Le second mandat de Joseph Kabila, président de la République Démocratique du Congo (RDC) expire ce lundi, à 23h59. La Constitution lui interdit de se présenter pour un nouveau mandat. Une élection présidentielle est prévue en principe pour avril 2018 mais le chef de l’Etat n’a toujours pas annoncé officiellement qu’il ne serait pas candidat. De nombreux Congolais craignent que l'homme ne s'accroche au pouvoir. Les observateurs, redoutent, eux, une explosion de la violence entre le régime et ceux qui veulent voir Kabila respecter la constitution et s'en aller.

En République démocratique du Congo, plusieurs grandes villes tournent au ralenti, de nombreux habitants ont jugé plus prudent de rester chez eux. Chez nous, une partie de la diaspora congolaise se rassemble. "Le but de cette manifestation, c’est de demander à la Communauté internationale et au peuple congolais à Kinshasa de se mobiliser. Parce que le mandat de Kabila est fini et ce monsieur veut se maintenir au pouvoir. Nous voulons sensibiliser à cette problématique" explique Koya, un des organisateurs.


Les forces de l'ordre avaient été mises au courant

La grande marche qui devait démarrer au niveau de la Porte de Namur, à Ixelles, avait été signalée à la police. "Cette manifestation est connue. Elle est tolérée pour autant qu'elle ne donne pas lieu à des incidents", précise Ilse Van de Keere, porte-parole de la police de Bruxelles-Ixelles. Cette manifestation fait suite à celle organisée samedi dernier. "Et mardi, nous nous rassemblerons à la même heure. Pour crier notre opposition ou pour faire une grande fête, si Kabila annonce qu'il s'en va" ajoute Koya.

Des affiches ont été placardées dans Matonge pour appeler au rassemblement. Les propos inscrits sur les tracts ont fait réagir Alain, qui a contacté la rédaction via le bouton orange Alertez-nous. "Cette affiche placardée dans Matonge depuis deux semaines semble inciter à la haine, voire à l'assassinat d'un président étranger" s’indigne Alain. "C'est à la fois illégal et dangereux pour la paix du Quartier. On peut manifester, critiquer. Un appel mort ou vif est différent."


"Vif ou mort"

L’organisation tient à tempérer la violence des mots. "Quand on dit vif ou mort, ça veut dire que s’il se maintient au pouvoir, l’article 64 de la constitution permet au peuple congolais de se prendre en charge. Et s’il faut l’arrêter pour le traduire en justice…" Koya fait effectivement référence à la constitution congolaise dont l’article 64 stipule que "tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions de la présente Constitution".


La désinformation pour attiser les tensions ethniques

Sur le tract, d’autres termes ont attiré notre attention. Pour désigner l’actuel chef de l’Etat congolais, il est fait mention de "l’imposteur rwandais Joseph Kabila". Cette dénomination sème le doute sur les origines ethniques du Président. Il existe une polémique populaire sur la naissance de Joseph Kabila. Alimentée par la désinformation, elle vise à diviser le pays selon des critères ethniques. Quand Joseph Kabila est arrivé au pouvoir, il ne parlait que difficilement le français, la langue officielle du pays et ne maîtrisait pas du tout le lingala, parlé à Kinshasa. Cette lacune linguistique, sa naissance dans l'Est de la RDC et son enfance en Tanzanie le font percevoir par les habitants de la capitale comme "un homme de l'Est", un "étranger".

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