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Un hélicoptère survole Bruxelles "à basse altitude": 14 perquisitions menées dans le cadre de l'enquête sur les attentats

 
 

Pendant plus 4 heures, Uccle et Drogenbos ont été survolés lundi soir. En fin de nuit, c'est le Nord de Bruxelles qui était concerné. Plusieurs riverains se sont inquiétés de la présence de cet hélicoptère. Ce mardi, le parquet fédéral a indiqué que 14 perquisitions avaient été menées dans le cadre de l'enquête sur les attentats de Bruxelles.

Des dizaines de Bruxellois inquiets nous ont contactés dans la nuit de lundi à mardi via le bouton orange Alertez-nous. En cause: un hélicoptère qui a survolé plusieurs quartiers de la capitale pendant plusieurs heures de la nuit et de la matinée. 

Cela a débuté lundi vers 23h30 dans le sud de la région bruxelloise. "Que se passe-t-il à Uccle? Un hélicoptère vole à très basse altitude", nous a écrit Fred. "À Uccle, à côté de la chaussée de Neerstalle, depuis une demi-heure, il y a un hélicoptère qui survole la zone. On peut l'entendre très très près", s'inquiétait Corinna peu après minuit.

Certains ont entendu l'hélicoptère presque toute la nuit : "Depuis 23h30, il est actuellement 3h45 du matin et l'hélicoptère me réveille encore. Que se passe-t-il ?", nous demande Anaïs.


Uccle et Drogenbos d'abord, Schaerbeek depuis 5 heures

En fin de nuit, ce sont les communes de Schaerbeek, Jette et Laeken qui ont à leur tour été survolées. Là encore, de nombreux messages nous sont parvenus. "Un hélicoptère n'arrête pas de survoler le quartier Josaphat - Cage aux ours - Colignon à Schaerbeek depuis au moins 20 minutes. Cela a commencé vers 5h20", nous a écrit un Bruxellois. "Hélicoptère qui tourne depuis plus de 30 minutes au-dessus de Laeken et Jette. Que se passe-t-il à 5h du matin ?", nous a envoyé un autre.

Contactées tôt ce matin, les zones de police concernées ne nous ont pas donné de précisions.

En revanche, le parquet fédéral a publié un communiqué ce mardi après-midi. Dans le cadre de l’enquête relative aux attentats de Bruxelles et Zaventem du 22 mars 2016, un juge d’instruction de Bruxelles spécialisé en matière de terrorisme a fait exécuter 14 perquisitions. Ces perquisitions ont eu lieu à Evere (1), Saint-Gilles (1), Laeken (2), Schaerbeek (8), Haren (1) et Bruxelles (1).

Douze personnes ont été privées de liberté et emmenées par la police judiciaire fédérale de Bruxelles, pour audition circonstanciée. Parmi elles, il y aurait Othman Akzinnay. Cet homme a été condamné, vendredi, à une peine d'emprisonnement de dix ans pour avoir participé aux activités d'un groupe terroriste en tant que dirigeant, réformant ainsi le jugement qui l'avait condamné à six ans de prison. Néanmoins, concernant l'arrestation immédiate, la cour a suivi la thèse de l'avocat du condamné, Me Isa Gultaslar, et ne l'a pas ordonnée.

Le juge d’instruction décidera dans les heures qui viennent de leur éventuel maintien en détention.


A la recherche d'armes

Le parquet fédéral n'a pas souhaité commenter l'objet de ces perquisitions mais, selon une source proche de l'enquête, les enquêteurs étaient à la recherche du lieu où avaient été cachées les armes ayant servi à perpétrer les attentats du 22 mars. La justice a pu interpeller huit suspects dans le cadre de cette enquête. Il s'agit de Mohamed Abrini, Osama Krayem, les frères Smaïl en Ibrahim Farisi, Hervé B.M., Bilal El Makhoukhi, Ali El Haddad Asufi et Youssef El Ajmi. Tous sont, dans une plus ou moindre mesure, impliqués dans la préparation et l'exécution des attentats. Au fil de leurs investigations, les enquêteurs ont en effet pu déterminer que la cellule terroriste disposait encore d'armes et d'explosifs qui n'avaient pas encore été trouvés par les forces de l'ordre.

La fouille de l'ordinateur portable trouvé le matin des attentats non loin d'une planque de la rue Max Roos à Schaerbeek, dans laquelle se cachaient Mohamed Abrini, Najim Laachraoui et Ibrahim El Bakraoui avant de gagner Brussels Airport, accréditait cette piste. Sur cet appareil, les enquêteurs ont découvert un message audio de Najim Laachraoui datant du 21 mars 2016, soit un jour avant les attentats, qui avait été envoyé à un certain Abou Ahmed, en Syrie. "Emir, nous avons demandé à un frère de te contacter. Nous lui faisons confiance. Il a travaillé avec nous en Syrie. Si d'autres frères devaient venir chez nous, ils trouveront toujours des kalachnikovs pour travailler", disait en substance ce message. "Il t'expliquera où tu pourras les trouver. Son nom est Abou Imrane."

Najim Laachraoui énumère ensuite les armes qui se trouvent encore en leur possession : une kalachnikov, trois fusils d'assaut, deux chargeur pour chaque arme, deux grenades et des explosifs C-4. Les enquêteurs estiment qu'"Abou Imrane" désigne en réalité Bilal El Makhoukhi. En 2015, ce dernier avait été condamné lors du procès de Sharia4Belgium pour avoir rendu des services à une organisation terroriste. "Abou Imrane" aurait été le nom de guerre qu'il utilisait lors de son séjour en Syrie en 2012. L'homme se serait rendu à plusieurs reprises dans la planque de la rue Max Roos durant les semaines précédant le 22 mars.

D'après ses propres dires, il ignorait toutefois qu'un attentat s'y préparait. El Makhoukhi a également nié avoir un lien avec les armes. "Mon nom de guerre est en effet Abou Imrane mais je ne suis pas cet Imrane-là. Si j'avais caché ces armes, vous les auriez retrouvées depuis longtemps", a-t-il déclaré lors de ses auditions.




 

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