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Le comité P. redoute des émeutes à Bruxelles pendant la Coupe du Monde mais "la police est prête"

Le comité P. redoute des émeutes à Bruxelles pendant la Coupe du Monde mais

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"Le 11 novembre, on n'était peut-être pas prêt"

"On s'est rendu compte qu'il y avait un manque d'effectif et que voilà, on n'était peut être pas suffisamment prêt pour réagir à des événements qui n'étaient pas prévisibles", a reconnu Thierry Belin, porte-parole du syndicat national du personnel de police et de sécurité en évoquant le 11 novembre. "Le problème vient essentiellement de la police fédérale. À Pol Bru, on a consenti de gros efforts financiers et en matériel et il y a vraiment du personnel qui est prêt pour gérer ce genre d'événements d'ordre public et malheureusement - et PolBru ne fait pas exception- des policiers sont vraiment intégrés dans d'autres dispositifs en dehors de leur zone pour palier aux manquements de la police fédérale où il manque 3500 policiers."

En cas de débordements, après un match de coupe du monde, par exemple, la police bruxelloise n'est absolument pas prête. C'est en résumé ce qui ressort d'un rapport du comité P., l'organe chargé de contrôler les services de police. Le matériel est insuffisant et les formations sont obsolètes. Cela fait peur, quand on se remémore, les incidents qui avaient éclaté dans le centre-ville, à l'automne dernier. Un reportage de Thibaut Balthazar, Thomas Kinet et Bruno Spaak.

Le 11 novembre dernier, la qualification du Maroc pour la coupe du monde provoque d’énormes débordements dans le centre-ville de Bruxelles. Des magasins sont saccagés, 22 policiers sont blessés. Le comité P vient de publier son rapport sur ces incidents. Il évoque des équipements insuffisants, une formation obsolète et un manque d’appui de la part de la police fédérale, dans ce genre d’incidents.

Plusieurs zones bruxelloises n’ont que peu d’espoir que la police fédérale assume encore sa fonction d’appui sur le plan des moyens, comme elle le faisait par le passé. La perte d’expertise et le manque de moyens financiers sont mis en avant comme étant le principal obstacle […], révèle ce rapport.

Ce soir-là, les autorités ont mis trois heures à intervenir. Ces incidents ont mis en lumière des manquements en cas d’intervention inopinée.

"Un chiffre pour vous qui est assez édifiant, je pense, c'est celui de la réserve fédéral de la police fédérale la nuit, c'est 2 sections, une vingtaine d'hommes. Comment voulez-vous gérer une émeute avec cela, c'est ridicule", explique Thierry Belin, porte-parole du syndicat national du personnel de police et de sécurité.

Le bourgmestre rassure

Ce rapport est interpellant, à la veille de la coupe du monde, et d’incidents similaires possibles. Mais le bourgmestre de Bruxelles tente de rassurer.

Philippe Close, bourgmestre de Bruxelles-ville: "Entre une manifestation qui n'est pas prévue, c'était le cas du 11 novembre où nous avions un certain nombre d'hommes toujours en réserve et la coupe du monde, ce n'est pas du tout la même gestion. Ici, la concertation a eu lieu depuis des mois entre les zones de police, avec la Région bruxelloise, le parquet et la police fédérale. Et on veut rassurer la population. S'il devait y avoir des accidents, la police est prête.

Selon le comité P, les événements prévisibles sont généralement bien gérés par la police, sans problème majeur. Les incidents violents se déroulent généralement lors d’événements imprévisibles, comme ceux survenus ce 11 novembre.

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