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Les travailleuses du sexe en grève après la mort d'une jeune prostituée poignardée à Schaerbeek: "Elles travaillent dans des conditions épouvantables"

  • Grève des prostituées à Bruxelles après le meurtre de l

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Une femme âgée de 23 ans a été mortellement poignardée dans la nuit de lundi à mardi à Schaerbeek. Les circonstances qui ont conduit à sa mort ne sont pas connues, indique mardi le parquet de Bruxelles, qui précise qu'une vaste enquête est menée afin d'identifier le ou les auteurs.

Le corps sans vie d'une femme a été découvert vers 04h45 dans la rue de Linné à Schaerbeek. La victime est décédée dans des circonstances suspectes dans la nuit de lundi à mardi. On ignore encore la cause de son décès, indique mardi le parquet de Bruxelles, confirmant ainsi une information de Bruzz.

La jeune femme était une prostituée. Elle est décédée des suites de ses lésions à l'hôpital. C'est le deuxième meurtre de ce type en quelques jours.

Une enquête de voisinage a eu lieu et des témoins ont été auditionnés. Des premiers éléments d'enquête, il ressort que la victime a reçu plusieurs coups de couteau d'un ou de plusieurs suspects. Un médecin légiste a été désigné et un juge d'instruction a été saisi du chef de meurtre à charge de X. Les suites d'enquête ont été confiées à la police judiciaire fédérale.


Les travailleuses du sexe en grève

Par solidarité avec la victime, les travailleuses du sexe du quartier Nord de Bruxelles feront grève ce mercredi et éteindront symboliquement les néons rouges de leurs vitrines, indique mardi l'UTSOPI (Union des travailleuses et travailleurs du sexe organisés pour l'indépendance). "Face à l'horreur, les collègues de la victime sont sous le choc et également en colère. Les travailleuses du sexe du quartier Nord ont le sentiment que, parce que beaucoup d'entre elles sont d'origine africaine, ce qui est le cas de la victime, elles doivent faire face à une insécurité grandissante. Elles estiment ne pas être protégées efficacement par les autorités, particulièrement à Saint-Josse-ten-Noode", indique l'UTSOPI, qui s'associe à la grève et souligne la rareté d'un tel mouvement dans l'univers de la prostitution, souvent très individualiste.



"Elles travaillent dans des conditions épouvantables, sans sanitaires, sans lumières, sans rien"

L'UTSOPI demande à tous les travailleurs du sexe, y compris au-delà du quartier Nord qui peuvent se le permettre, d'arrêter le travail ou d'expliquer à leurs clients les raisons de leur émotion. Dans les prochains jours, l'UTSOPI participera également à une concertation avec les autorités, concernant l'insécurité dans le quartier Nord. "Toutes les prostituées qui le veulent en Belgique sont invitées [à suivre le mouvement], et si elles veulent travailler, il n’y a pas de problème, au moins, on voudrait que les filles en parlent, autour d’elles, à leurs clients, de ce qui se passe, qu’il faut les respecter, les faire travailler dans de bonnes conditions… Parce qu’il n’y a pas qu’à Bruxelles ou à Saint-Josse, qu’elles soient à Liège, à Namur, à Charleroi… C’est aussi des filles qui travaillent dans des conditions épouvantables parce que les bourgmestres les mettent dans des endroits pourris, où il n’y a personne, dans des coins déserts. Oui, elles ne gênent personne mais elles travaillent dans des conditions épouvantables, sans sanitaires, sans lumières, sans rien. C’est un ras-le-bol", explique Sonia Verstappen, la vice-présidente du collectif, au micro de Céline Praile.


Un autre cas il y a quelques jours

Pour rappel, un jeune homme de 24 ans avait été placé sous mandat d'arrêt le 28 mai dernier pour l'assassinat d'une prostituée de 21 ans, à Etterbeek. Il restera au moins un mois en détention préventive. La décision a été prise par la chambre du conseil de Bruxelles lundi, indique le parquet de Bruxelles. L'homme, E. M., est suspecté d'avoir tué la jeune femme en lui portant des coups de couteau, non content des services fournis.

La police locale de la zone Montgomery avait découvert le cadavre après avoir interpellé deux hommes, E. M. et P. R., impliqués dans une bagarre. Les déclarations d'un des deux hommes avaient mené à l'appartement de la rue des Platanes où le corps sans vie de la jeune prostituée avait été trouvé. E. M. a ensuite été placé sous mandat d'arrêt et inculpé d'assassinat. Il a entre-temps reconnu être impliqué dans les faits.

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