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Une grand-mère brûlée dans un incendie, des tantes "radicalisées qui contaminent leur entourage": qui est la famille Aberkan, qui a logé Abdeslam?

La famille Aberkan est au centre de l'attention, depuis vendredi. C'est elle qui a logé Salah Abdeslam dans son appartement au 79, rue des Quatre-Vents. Certains membres de cette famille (dont deux femmes) avaient déjà été condamnés par la justice en juillet 2015 pour avoir participé à la mise sur pied d'une filière de recrutement de djihadistes vers la Syrie.

Les unités spéciales ont clairement visé la famille Aberkan. Ses membres occuperaient les trois logements perquisitionnés vendredi: deux appartements à Molenbeek (rue des Quatre-Vents et rue de la Savonnerie) et un à Jette (Mail du Topweg). La famille est connue pour ses liens avec les frères Abdeslam: ils sont cousins.


Abid Aberkan: un homme très grand et radicalisé

Vendredi après-midi, un homme et deux femmes ont été arrêtés. Il y a d'abord Abid, l'un des fils. Un individu radicalisé depuis quelques temps, selon certains. Des voisins avaient remarqué un changement vestimentaire. Les riverains le décrivent comme un homme "très grand". Il était présent aux funérailles de Brahim Abdeslam, l'un des kamikazes des attentats de Paris.

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Il a fait dormir Salah Abdeslam et le soit-disant Amine Choukri chez sa mère

Pour avoir prêté main forte à Salah Abdeslam et celui qui est nommé Amine Choukri, Abid Aberkan est inculpé de participation aux activités d’un groupe terroriste et recel de criminels. C'est lui qui a trouvé une cache pour le fugitif le plus recherché d'Europe et un complice. Il les a fait venir chez sa propre mère, rue des Quatre-Vents.

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Djemila M., la mère d'Abid Aberkan, a eu la peau brûlée dans un incendie

Djemila est donc la deuxième personne arrêtée vendredi après-midi. Une dame décrite comme très malade et inoffensive par des voisins. A la suite d'un incendie, elle aurait la peau de son corps brûlée. Elle souffrirait d'insuffisance respiratoire, ce qui l'oblige à utiliser un appareil spécifique. De plus, elle se déplace difficilement, "parfois en chaise roulante", selon des témoins.

Djemila a été inculpée de recel de criminels, sans être privée de liberté. Sur cette photo on la voit accompagnée de l'une de ses filles, décrite comme sans histoire par des connaissances.

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Sihane est la troisième Aberkan interpellée vendredi. Elle est l'épouse d'Abid. La justice l'a remise en liberté sans inculpation.


La famille Aberkan: l'un des noyaux durs du recrutement vers la Syrie

La famille Aberkan est tristement réputée pour être spécialisée dans le recrutement de combattants pour la Syrie. En juillet 2015, deux autres femmes, Fatima (une quinquagénaire) et Naïma, avaient été condamnées pour leur rôle dans une filière d'enrôlement. La première avait écopé de 8 ans, la seconde de 10 mois: elles avaient toutes les deux fait appel de leur condamnation.

Dans son jugement, la justice belge avait indiqué que les membres de cette organisation avaient "oeuvré à corrompre la mentalité de la jeunesse d'un quartier entier" de Molenbeek. Concernant Fatima Aberkan, 55 ans, le tribunal l'avait décrite comme une personne "agissant en égérie exaltée de l'idéologie jihadiste ayant contaminé tout son entourage"

Autour de cette mouvance, gravitaient notamment le djihadiste Abdelhamid Abaaoud, ou encore le kamikaze Chakib Akrouh, tous les deux morts au cours de l'assaut donné par la police à Saint-Denis, le 18 novembre 2015, cinq jours après les attentats de Paris.

Cette famille était donc surveillée de près par les enquêteurs. En la contactant, Salah Abdeslam a probablement précipité la fin de sa cavale.

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