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Une société bruxelloise conceptualise des panneaux isolants à base de champignons: "Plus performants au niveau acoustique"

 
 

Cette innovation pourrait s'avérer prometteuse. Une société bruxelloise s'est lancée dans la fabrication de panneaux isolants, à base de champignons. Une idée originale et surtout très écologique.

PermaFungi a présenté mardi ses premiers panneaux isolants en myco-matériaux installés sur site, à l'atelier public de fabrication numérique Cityfab 3. Ce pas majeur pour la jeune coopérative agricole bruxelloise et sa stratégie de production a été réalisé en présence de la secrétaire d'État bruxelloise chargée de la Transition économique Barbara Trachte (Ecolo) et de Benjamin Cadranel, l'administrateur délégué de citydev.brussels, organisme en charge du déploiement de projets immobiliers et de l'expansion économique de la région.

Conceptualisé en 2013, Permafungi s'est installé en 2015 dans les caves de Tour&Taxis et y a déployé un site de production de 1.200 m2. Ses champignons biologiques et locaux poussent sur du marc de café recyclé. Ils ont été récoltés pour la vente (environ une tonne par mois), mais aussi pour être transformés en bio-matériaux. Ils ont déjà servi à fabriquer des centaines de luminaires (plus de 400 vendus). L'objectif majeur actuel de l'équipe de Permafungi est de développer et d'automatiser sa production de myco-matériaux destinés à l'emballage et à l'isolation, deux types de produits qui nécessitent encore aujourd'hui de grandes quantités de plastique pour leur conception.

Benjamin Cadranel a expliqué que Permafungi avait remporté un appel d'offres pour l'isolation du Cityfab 3, dont les machines font un bruit important. Un premier mur couvert de myco-matériaux a été présenté ce mardi et quelque 200 m2 seront isolés au total une fois le chantier achevé. "Ce sera le plus grand mur en myco-matériaux en Belgique et, je pense, en Europe aussi", a remarqué Julien Jacquet, gérant de PermaFungi. "Les myco-matériaux ont attiré l'attention des chercheurs et, selon les premières études réalisées, ils sont plus performants au niveau acoustique que la moyenne des matériaux, ils sont dans les bons au niveau de l'isolation thermique et s'ils ne sont pas parfaits au niveau de l'inflammabilité - et on travaille à les rendre plus résistants au feu - ils sont meilleurs au niveau de la toxicité des fumées. (...) Notre matériau est encore plus cher que les autres, mais notre objectif est de diminuer notre prix de 20% par an jusqu'à descendre au niveau du coût du plastique. La Commission européenne ne veut plus soutenir des matériaux de type linéaire et il y a peu de matériaux circulaires pour atteindre les objectifs 2030 d'isolation des bâtiments publics et privés".

La coopérative bruxelloise qui est pionnière dans le domaine des myco-matériaux espère devenir un leader européen du marché dans les prochaines décennies. D'ici fin 2025, PermaFungi vise à produire mensuellement 12 tonnes de myco-matériaux en recyclant 15 tonnes de déchets. Pour se donner les moyens d'atteindre cet objectif, la coopérative organisera une levée de fonds avant la fin de l'année et prévoit d'engager plus de 20 personnes dans les 3 ans.

Barbara Trachte a félicité le développement d'un projet entrepreneurial qui a un impact bénéfique au niveau social comme environnemental et qui s'aligne sur les ambitions de la Région de tendre vers une économie tenant compte des externalités positives.


 

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