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Assassinat du châtelain de Wingene: Elisabeth Gyselbrecht pardonne à son père

Assassinat du châtelain de Wingene: Elisabeth Gyselbrecht pardonne à son père

Elisabeth Gyselbrecht, l'épouse de Stijn Saelens, un châtelain de Wingene tué le 31 janvier 2012, a pardonné à son père, André Gyselbrecht. "Je sais que ce n'est pas par intérêt personnel, mais pour protéger ses petits-enfants", a-t-elle déclaré mercredi au procès devant le tribunal correctionnel de Bruges.

Elisabeth Gyselbrecht a eu droit à la parole après les plaidoiries de ses avocats. Son père avait avoué avoir donné l'ordre à Pierre Serry d'assassiner Stijn Saelens.

Dans sa plaidoirie, l'avocat d'Elisabeth Gyselbrecht, l'épouse du châtelain de Wingene tué le 31 janvier 2012, a assuré mercredi devant le tribunal correctionnel de Bruges que sa cliente voulait avant tout connaître la vérité. Me Luc Arnou a également expliqué que Mme Gyselbrecht n'avait pas "changé de camp", comme l'avaient plaidé les avocats de la famille Saelens mardi.

"C'était trop pour Elisabeth, car elle aime sa mère et ses frères."

Elisabeth Gyselbrecht a contacté son avocat pour la première fois le 3 février 2012. "A l'époque, j'ai rencontré une femme désespérée, qui pleurait beaucoup. A ce moment-là, on était encore convaincu que Stijn vivait toujours." Une sœur de la victime était également présente lors de cette première conversation. "Elle a d'abord été emmenée par la famille Saelens, qui l'a prise en charge de manière presque continue jusqu'au 17 février 2012."

Tout a changé lorsque la famille Saelens a demandé à Mme Gyselbrecht qu'elle rompe tout lien avec sa famille. "C'était trop pour Elisabeth, car elle aime sa mère et ses frères. Elle aime aussi ses patients, elle vit pour son travail", a souligné son conseil. Cela ne signifie pas pour autant qu'elle ait choisi le camp de son père, a-t-il insisté. "Elle poursuit un but: connaître la vérité en toute indépendance.

"L'avocat des parents de Stijn Saelens avait dénoncé mardi que ses clients n'aient plus de contacts avec leurs petits-enfants. "Ils pouvaient voir les enfants mais en présence d'une personne de confiance. Ils n'ont pas réagi. Elisabeth leur a envoyé des photos de vacances au ski mais elle n'a, là encore, pas obtenu de réaction de leur part", a nuancé Me Arnou. L'avocat a aussi expliqué qu'Elisabeth Gyselbrecht craignait que la famille Saelens n'influence ses enfants.

"Lors d'une communion, des membres de la famille ont dit, en présence des enfants, qu'Elisabeth devait reconnaître que leur grand-père et leur oncle avaient tué leur papa." Me Arnou a encore estimé dans sa plaidoirie qu'André Gyselbrecht était complétement coincé, empêtré dans ses mensonges. "Elisabeth voudrait vous croire, mais elle ne peut pas", a déclaré l'avocat, s'adressant directement au père de sa cliente. "Vous avez menti. (...) Lorsque vous avez avoué en 2016, vous étiez empêtré dans vos mensonges." "Nous ne pouvons pas croire aveuglement les déclarations d'André. Nous devons nous en tenir aux faits et aux mobiles.

"Il dit une couleur, ensuite vous secouez et vous avez directement une couleur différente."

Et on ne peut que conclure que la première instruction de tuer Stijn Saelens ne peut pas avoir été donnée avant octobre 2011", a-t-il ajouté. "Nous ne pouvons pas non plus croire aveuglement Pierre Serry. Attention, je le croirais volontiers, car il est affable, aimable. Mais jetez un oeil à son casier judiciaire", a poursivi Me Arnou. Celui-ci a par ailleurs comparé les déclarations d'Evert de Clercq, qui aurait joué un rôle dans le recrutement de l'exécutant présumé, aujourd'hui décédé, Antonius van Bommel, avec un "kaléidoscope". "Il dit une couleur, ensuite vous secouez et vous avez directement une couleur différente." Il n'a pas été plus tendre envers Franciscus Larmit, qui n'est, comme mardi, pas présent à l'audience.

Selon l'avocat, les dires du neveu d'Antonius Van Bommel ont "encore moins de valeur que le papier" sur lequel ils sont retranscrits. Le Néerlandais prétend qu'il n'était pas au courant des plans de son oncle. Le prévenu affirme qu'il a emmené son oncle à cinq ou six reprises à Wingene. "Cela représente 2.310 kilomètres, 25 heures de route. Tout ça en parlant de la pluie et du beau temps? " Pour le conseil des parties civiles, il est clair que Larmit ment, et également à propos de l'enfouissement du cadavre. "Le grand absent essaie de nous faire croire que van Bommel, sous chimio, a transporté seul des tonnes de peroxyde d'hydrogène vers le puits. C'est comme s'il était écrit 'idiots' sur nos fronts." André Gyselbrecht (67 ans), Pierre Serry (67 ans), Evert de Clercq (54 ans) et Franciscus Larmit (40 ans) doivent répondre de l'assassinat de Stijn Saelens, tué le 31 janvier 2012 dans son château de Wingene (Flandre occidentale).

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