En ce moment
 

Il y a 10 ans, la Belgique vivait une tuerie raciste sans précédent: "J'ai tiré parce que c'était une étrangère"

Il y a 10 ans, la Belgique vivait une tuerie raciste sans précédent:

117.000 armes dont on a perdu la trace

En 2006, après le raid mortel de Hans Van Themsche, la loi sur les armes avait été renforcée. Une amnistie avait été décrétée dans la foulée, au cours de laquelle une autorisation pouvait être demandée ou les armes rendues. Avant l'entrée en vigueur de cette nouvelle loi, la Belgique comptait 889.937 armes enregistrées. Dix ans plus tard, elles ne sont plus que 647.388. Durant la période d'amnistie, 125.000 armes ont été rendues et détruites. Il reste donc 117.000 armes dans la nature.

Bart De Wever (N-VA), le bourgmestre d'Anvers, a rédigé une lettre ouverte à l'occasion du dixième anniversaire de la fusillade pour motifs racistes perpétrée par Hans Van Themsche dans le centre de la ville le 11 mai 2006.

Le bourgmestre estime que ces événements ont "laissé des cicatrices dans notre société". Il dit rêver "plus que jamais" d'une "communauté anversoise au sein de laquelle tout le monde serait intégré et transcendant les différences culturelles et religieuses", mais il promet parallèlement en tant que bourgmestre de combattre les extrémismes violents.

Les assassinats racistes de la petite Luna Drowart, âgée de deux ans, et de sa nourrice malienne Oulematou Niangadou, 25 ans, ainsi que la grave blessure par balle qu'a subie Songül Koç, une dame originaire de Turquie, ont propagé une "onde de choc à travers la ville", se souvient M. De Wever.

marche

De Wever rappelle que l’extrémisme violent a malheureusement toujours existé

"La folie a frappé ce jour-là", explique-t-il. "Celui qui se livre à l'extrémisme violent ne voit pas son prochain comme un compagnon, ni même comme un être humain. L'extrémisme violent justifie l'assassinat et le consacre même comme un bien moral. Cette perversion a malheureusement toujours existé." Les assassinats de Hans Van Themsche sont "une tragédie que nous ne pouvons jamais oublier", estime le bourgmestre, qui appelle à condamner la violence et le racisme et à mettre en avant "ce qui nous rassemble".

Pour rappel, Hans Van Themsche, alors âgé de 18 ans, était un étudiant fréquentant des milieux skinheads et issu d’une famille proche du nazisme et de l’extrême-droite, dont le père est même membre fondateur du Vlaams Block devenu Belang. Il arborait différent signes liés à l’extrême-droite le jour où il a perpétré sa tuerie raciste. Il déclarera après coup, à propos du meurtre d’Oulematou Niangadou : "J'ai tiré parce que c'était une étrangère."

cbtue

Les cloches de la cathédrale d'Anvers retentiront mercredi à 11h30 en hommage aux victimes, tandis que le carillon jouera "Tears in Heaven" de Eric Clapton.

Vos commentaires